
Des manifestations ont éclaté les 7 et 8 septembre dans plusieurs localités de la région de Banjul, après des coupures d’électricité pouvant atteindre 48 heures. Des pneus ont été brûlés et des barricades installées, tandis que la police a eu recours aux gaz lacrymogènes. Face à la crise, le président Adama Barrow annonce de nouvelles capacités de production et promet une amélioration de l’approvisionnement d’ici fin octobre.
Dans plusieurs quartiers de Banjul et de sa périphérie, la dégradation de l’approvisionnement électrique a provoqué des rassemblements nocturnes. Des manifestants ont bloqué certaines voies avec des barricades et incendié des pneus. À Farato, des protestataires se sont également rassemblés devant la résidence du vice-président Mohammed B.S. Jallow, tandis que des affiches du National People’s Party, formation au pouvoir, ont été endommagées.
La police a dispersé certains groupes à l’aide de gaz lacrymogènes, notamment à proximité de la résidence présidentielle et du siège de la National Water and Electricity Company (NAWEC), l’entreprise publique chargée de l’approvisionnement en eau et en électricité. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir un bilan consolidé des éventuelles arrestations ou blessures liées aux manifestations.
La crise intervient alors que plusieurs habitants signalent des interruptions pouvant durer jusqu’à 48 heures. La NAWEC avait déjà évoqué une forte hausse de la demande, notamment liée aux températures élevées, ainsi que des difficultés techniques affectant certaines unités de production. De son côté, le président Barrow a reconnu des insuffisances dans la planification, la production et la maintenance du système électrique. Il a également expliqué que plusieurs unités avaient connu des défaillances simultanées et que les conditions saisonnières réduisaient la production hydroélectrique régionale.
Lors d’une adresse télévisée à la nation le 8 septembre, le chef de l’État a annoncé l’installation, à la centrale de Brikama, d’une capacité supplémentaire de 24 MW, dont la mise en service est prévue d’ici fin octobre 2026. Le gouvernement a également attribué le contrat d’une centrale solaire de 50 MW à Soma, dont les travaux doivent prochainement commencer. Barrow a par ailleurs indiqué que l’accès à l’électricité était passé d’environ 36 % en 2017 à près de 90 % aujourd’hui, selon les données présentées par la présidence.
La dimension politique de la crise est renforcée par son calendrier. L’élection présidentielle gambienne est prévue en décembre 2026 et Adama Barrow brigue un troisième mandat. Les manifestations constituent ainsi un épisode supplémentaire à surveiller dans les mois précédant le scrutin, sans que les informations disponibles permettent d’établir à ce stade une relation directe entre la crise électrique et l’évolution des intentions électorales.
La réponse gouvernementale repose désormais sur deux échéances distinctes : une augmentation rapide de la capacité thermique et le développement d’une nouvelle production solaire. La principale inconnue demeure le délai nécessaire pour traduire ces annonces en amélioration effective de la fourniture d’électricité. Le gouvernement a fixé la fin octobre comme horizon pour une amélioration de la situation.










