
L’attaque menée le 3 septembre 2026 contre un camp de chasse dans le district de Marrupa, au Niassa, confirme l’élargissement géographique du conflit armé qui touche le nord du Mozambique. Selon l’ACLED, l’opération a été conduite par une trentaine de combattants attribués à l’Islamic State Mozambique (ISM), après plusieurs semaines de mouvements depuis Cabo Delgado. L’épisode constitue la première incursion documentée du groupe dans le Niassa depuis mai 2025.
Le groupe serait arrivé dans le district de Marrupa le 31 août, après avoir progressé depuis la province de Cabo Delgado. Le 3 septembre, ses membres ont attaqué un camp de chasse situé près du village de Nanlixa. Deux employés ont été tués, les installations ont été incendiées et au moins deux véhicules ont été emportés avant d’être retrouvés abandonnés. D’autres membres du personnel ont fui dans la brousse. Des chasseurs présents dans la zone ont été évacués par voie aérienne. Ces éléments sont notamment documentés par l’ACLED dans sa mise à jour du Mozambique Conflict Monitor publiée le 8 septembre.
Cette incursion intervient après une série de mouvements militaires dans le nord du pays. D’après l’ACLED, une force de l’ISM pouvant compter jusqu’à 150 combattants avait atteint Ntola, dans le district de Montepuez, le 27 juillet. Après plusieurs affrontements avec les Forces armées de défense du Mozambique, le groupe s’est fragmenté. Une partie de ses membres a finalement emprunté un itinéraire permettant d’atteindre Marrupa. L’organisation de cette progression montre surtout la capacité de ses combattants à se déplacer dans des espaces ruraux étendus malgré les opérations de poursuite menées par les forces gouvernementales.
Le Niassa constitue un espace particulièrement vaste, où les activités de conservation et de tourisme de chasse occupent une place importante dans certaines zones. Selon l’ACLED, la saison de chasse s’étend généralement de juillet à novembre. L’attaque pourrait donc affecter directement les opérateurs concernés, notamment à travers des annulations et une hausse des contraintes de sécurité. L’organisation souligne également une difficulté particulière : les entreprises touristiques et de conservation fournissent des moyens aériens et des gardes formés dont les forces de sécurité utilisent les capacités dans certaines opérations.
L’épisode ne signifie toutefois pas, à lui seul, que l’ISM contrôle durablement une partie du Niassa. Les informations disponibles établissent une incursion et une attaque, mais ne permettent pas de conclure à l’installation permanente d’un nouveau foyer insurgé dans la province. Elles montrent en revanche que la frontière géographique du conflit reste mobile.
Pour le Mozambique, l’enjeu immédiat est donc double : empêcher la répétition de telles incursions et préserver les activités économiques et de conservation exposées dans les zones rurales. À l’échelle régionale, l’épisode rappelle que la lutte contre les groupes armés ne dépend pas uniquement de la sécurisation des centres urbains : la mobilité dans les territoires faiblement peuplés demeure un facteur déterminant de l’évolution des conflits africains.











