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RDC : Ebola s’étend à six provinces et fragilise le système sanitaire national

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La République démocratique du Congo affronte une flambée d’Ebola d’une ampleur sans précédent dans son histoire, avec plus de 3 000 décès et plus de 6 000 cas recensés. La maladie, due au virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, s’est étendue à six provinces. L’Organisation mondiale de la santé alerte désormais sur les insuffisances de personnel, de financement et de capacités opérationnelles qui compliquent la riposte.

Déclarée en mai 2026 après la confirmation de cas dans la province de l’Ituri, l’épidémie a rapidement gagné d’autres territoires. Au 26 août, l’OMS comptabilisait 5 794 cas confirmés et 2 786 décès, soit une létalité brute de 48,1 %. Des données communiquées ensuite par les autorités congolaises et rapportées par Reuters faisaient état, au début de septembre, de 6 186 cas confirmés et de 3 007 décès. Le bilan communiqué le 8 septembre par Reuters, citant l’OMS, atteignait 3 175 morts et plus de 6 000 infections. Les chiffres évoluent avec la surveillance, les investigations et la consolidation des données.

L’épidémie concerne désormais le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. Cette extension géographique complique le déploiement des équipes et la prise en charge rapide des malades. Selon l’OMS, près de 1 400 lits étaient disponibles dans 59 centres de traitement, mais 1 600 lits supplémentaires étaient nécessaires. L’organisation estime à environ 9 000 le nombre total de personnels requis pour assurer la réponse, soit près de 5 000 de plus que les effectifs alors disponibles. Le coût opérationnel pèse également sur la riposte : Reuters rapporte qu’un équipement de protection peut représenter environ 25 dollars par utilisation et qu’un centre de traitement de 50 lits coûte autour de 500 000 dollars à mettre en place.

La situation sanitaire se déroule en outre dans des zones affectées par l’insécurité, les déplacements de populations et des difficultés d’accès. L’OMS souligne que ces facteurs compliquent notamment la recherche des contacts, l’isolement et l’accès aux soins. Des retards de rémunération de certains agents ont également perturbé le travail de terrain, tandis que la méfiance de certaines communautés et les difficultés liées aux enterrements sécurisés constituent d’autres obstacles documentés par les organisations engagées dans la réponse.

La spécificité du virus constitue un autre défi. Aucun vaccin ni traitement spécifique contre le Bundibugyo n’est actuellement homologué. Des essais cliniques sont toutefois en cours pour plusieurs candidats thérapeutiques et vaccins, tandis que les autorités utilisent les moyens disponibles pour renforcer le diagnostic, les soins et la prévention.

Pour la RDC, cette crise met ainsi à l’épreuve la capacité du système sanitaire à maintenir une réponse coordonnée sur un territoire vaste, instable et difficile d’accès. Pour les partenaires africains et internationaux, elle souligne surtout l’importance de financements prévisibles, de personnels qualifiés et d’une coopération durable. La maîtrise de l’épidémie dépendra de la continuité de ces capacités, au-delà des interventions d’urgence.

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