
Au Soudan, la réduction des financements humanitaires fragilise davantage un système de santé déjà profondément affecté par plus de trois années de guerre. Selon des organisations humanitaires, 36 structures soutenues par l’International Rescue Committee (IRC) sont confrontées à la fermeture, ce qui pourrait priver quelque 473 700 personnes de services essentiels.
Le conflit déclenché en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (RSF), commandées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, a lourdement endommagé les infrastructures sanitaires. La diminution de l’aide internationale intervient donc dans un environnement où l’accès aux soins demeure déjà fortement limité.
L’IRC indique que les réductions de financement entraînent la fermeture de 36 de ses structures et sites au Soudan, affectant l’accès aux soins d’environ 473 700 personnes. Certaines installations pourraient toutefois bénéficier temporairement de financements relais, dont la durée resterait limitée.
Cette situation s’inscrit dans une dégradation plus large. En juin 2026, le Cluster Santé du Soudan, coordonné par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait averti que l’interruption d’un financement américain devait affecter ou mettre immédiatement en danger 335 établissements et services de santé dans 13 États.
Les données de l’OMS montrent également l’ampleur des difficultés structurelles. En 2026, 37 % des établissements de santé recensés à l’échelle des 18 États soudanais étaient considérés comme non fonctionnels. Dans les zones les plus touchées par les combats, la proportion d’établissements fermés ou fonctionnant très difficilement avait atteint 70 à 80 % dès 2024.
La pression sanitaire est parallèlement alimentée par plusieurs maladies transmissibles. Le paludisme demeure endémique dans une grande partie du pays, tandis que des flambées de rougeole, de choléra, d’hépatite E et d’autres maladies sont signalées dans plusieurs régions. La saison des pluies, qui s’étend généralement de mai à octobre, accroît notamment les risques liés aux maladies hydriques.
L’OMS estimait en avril 2026 que 21 millions de personnes au Soudan avaient besoin de services de santé. L’organisation avait également recensé 217 attaques contre les services de santé depuis avril 2023, ayant fait 2 052 morts et 810 blessés, selon les incidents qu’elle avait pu vérifier.
La crise sanitaire soudanaise résulte ainsi de plusieurs facteurs concomitants : destruction d’infrastructures, insécurité, déplacements massifs, pénuries de médicaments et de personnel, difficultés logistiques et insuffisance des financements. Les nouvelles fermetures annoncées ne constituent donc pas un phénomène isolé, mais une évolution supplémentaire d’un système déjà fortement éprouvé par la guerre.









