
La guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 continue de fragiliser les circuits économiques et l’accès des ménages aux produits essentiels. La dépréciation de la livre soudanaise, combinée aux perturbations du commerce et de la production, entretient une forte pression sur les prix. Les données disponibles début septembre 2026 illustrent l’ampleur de cette dégradation du pouvoir d’achat.
Sur les marchés soudanais, les prix des produits de première nécessité restent élevés. Selon les données de marché publiées le 7 septembre 2026, un sac de sucre de 50 kilogrammes se vendait au détail autour de 185 000 livres soudanaises, contre 165 000 livres pour un sac de farine de même poids. Ces montants constituent des relevés de marché à une date donnée et ne représentent pas nécessairement les prix pratiqués dans toutes les régions du pays.
Cette évolution intervient dans un contexte monétaire particulièrement difficile. Selon une note publiée en septembre par le gouvernement britannique, citant notamment des données du FMI, l’inflation moyenne des prix à la consommation au Soudan serait passée de 100,2 % en 2025 à 75,1 % en 2026. D’autres données citées dans cette même note indiquaient cependant une accélération de l’inflation annuelle, passée de 44,50 % en mai à 51,28 % en juin 2026, sous l’effet notamment de la hausse des prix à la consommation et de la dépréciation de la livre sur le marché parallèle.
La crise économique est directement liée aux conséquences de la guerre. La Banque mondiale estime que le produit intérieur brut réel du Soudan s’est contracté de 29,4 % en 2023, puis de 14 % en 2024. La destruction des infrastructures, les déplacements de population et l’effondrement de nombreuses activités de production et de commerce ont fortement réduit les capacités économiques du pays.
Cette contraction se répercute sur la situation alimentaire. En mars 2026, la Banque mondiale estimait que 21,2 millions de personnes, soit environ 41 % de la population, faisaient face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire. Plus largement, l’Organisation mondiale de la santé indiquait en avril que près de 34 millions de personnes avaient besoin d’une assistance humanitaire, tandis que plus de 21 millions avaient besoin d’une aide sanitaire.
À l’échelle régionale, les effets dépassent également les frontières soudanaises. Les déplacements massifs de populations, la désorganisation des échanges et la pression exercée sur les pays voisins compliquent les conditions économiques et humanitaires dans une partie de l’Afrique de l’Est et du Sahel.
L’évolution des prix alimentaires traduit ainsi une crise économique qui ne peut être dissociée de la durée du conflit. Avec une production fortement perturbée, une monnaie sous pression et des besoins humanitaires considérables, le rétablissement des circuits commerciaux et des capacités productives apparaît comme un enjeu majeur de toute future reconstruction économique du Soudan.










