
Comment combler les lacunes dans la phase post-électorale en ce qui concerne le suivi de la mise en œuvre des recommandations formulées par les missions d’observation électorale ? C’est pour répondre à cette problématique qu’un atelier réunissant divers acteurs de la société civile, a été organisé par EISA du 5 au 8 août dernier à N’Djamena.
Ont pris part à cet atelier de renforcement des capacités, une cinquantaine de personnes issues des organisations de la société civile et ayant une compétence dans les missions d’observation électorale. Elles ont été accompagnées et encadrées pendant les quatre jours des travaux par les grands médiateurs de EISA (Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique) parmi lesquels le directeur exécutif Baidessou Sokolgue, le directeur des programmes Justin Doua Goré, le directeur du projet ACTE Dr Ali Simei Guessé, le chef de département élection et processus politique Dr Mathias Hounkpe, et le Pr Ouattara venu pour la circonstance de Bordeaux en France.
L’Union européenne toujours disponible à accompagner le projet ACTE
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture l’expert électoral Justin Doua Goré a souligné au sujet de la période post-électorale, l’importance des recommandations traduites en actes. A suite, Massa Ouroubé, le représentant de l’Union européenne, l’appui financier du projet ACTE (Appui aux Acteurs Citoyens Tchadiens et aux Elections) a confirmé la disponibilité de son institution à soutenir durablement les organisations de la société civile au Tchad. Enfin, Issa Adjidei, le directeur des opérations électorales de l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE), a indiqué que l’objectif de son organisme était « l’organisation des élections libres, transparentes, inclusives et apaisées » ; et pour cela donc, l’apport des organisations de la société civile (OSC) est d’une importance capitale.
Il y a lieu de rappeler que cet atelier fait suite à celui organisé au mois de mai dernier au cours duquel les OSC avaient partagé leurs expériences et mis en commun des recommandations issues de leurs observations citoyennes. A cet effet, ses objectifs clés sont : « Renforcer et faciliter la structuration d’un groupe d’acteurs nationaux dans le plaidoyer, composé des principales OSC et acteurs clés, capables d’interagir efficacement avec les institutions publiques ; initier les participants aux mécanismes de plaidoyer et de lobbying en matière de réformes électorales et institutionnelles ; élaborer une feuille de route pour la mise en œuvre du plaidoyer pour les reformes électorales à court, moyen et long termes ; élaborer un plan de mise en œuvre détaillé pour le suivi et la promotion des réformes identifiées, et discuter des perspectives d’un meilleur suivi des recommandations et d’une meilleure conduite du plaidoyer pour les reformes électorales et institutionnelles au Tchad ». Ces différents objectifs visent à produire quelques résultats parmi lesquels la mise en place d’un groupe national de plaidoyer structurel et fonctionnel, l’élaboration d’une feuille de route de ce groupe ou encore l’établissement d’un cadre de collaboration et de coordination entre les OSC.
Aucun processus électoral n’est parfait

Durant quatre jours, les participants ont eu droit à plusieurs sessions de travail en plénière, combinées avec des séances de travail en groupes, autour de ces thématiques : « Concept du suivi des recommandations électorales : raisons et défis ; le plaidoyer : concept et importance ; approche méthodologique et techniques pour le plaidoyer de la société civile pour les reformes électorales ; éléments constitutifs d’une stratégie de plaidoyer réussie ; panorama du contexte national et des reformes en cours au Tchad ». L’aboutissement a été l’élaboration d’une feuille de route des reformes et la mise en place d’un plan d’action. Les participants ont ainsi pris l’engagement de s’acheminer vers les prochaines étapes du plaidoyer. Ils ont reçu l’insigne honneur de recevoir des attestations, qui viennent naturellement récompenser et prouver leur contribution dans le processus des élections au Tchad.
En clôturant les travaux, le directeur exécutif de EISA a justifié le fait de suivre les recommandations du processus électoral, estimant que c’est en quelque sorte comme un service après-vente. Appuyant que les rendre opérationnelles est encore plus important. « Aucun processus électoral n’est parfait », a-t-il souligné. Toutefois, il appartient aux OSC de travailler afin d’améliorer le cadre juridique, le cadre institutionnel et l’organisation des élections qui est une mesure de la consolidation de la démocratie dans un pays.

Ils / elles ont dit…
Dr Mathias Hounkpe, Chef du Département Election et processus politique de EISA : « Nous avons travaillé sur l’approche méthodologique et élaboré des techniques en vue d’une stratégie réussie de plaidoyer de la société civile au Tchad. Les travaux de groupes ont permis de cibler les objectifs, de voir comment concevoir des messages et identifier dans quels canaux les diffuser et les rendre plus audibles ».
Dominique Fri (Vision Conscience Africaine) : « J’exprime une impression de satisfaction et adresse toute ma gratitude à EISA qui nous a donné l’opportunité d’apporter nos contributions pour la consolidation de la démocratie au Tchad. Les 4 jours de partage d’expériences sous la conduite des experts ont enrichi notre capacité d’actions. Nous sommes plus que jamais avertis sur le rôle qui est le nôtre et devons faire preuve de responsabilité en face des défis qui nous attendent. L’avenir de ce pays est notre affaire. De façon personnelle, je me félicite d’avoir pris part à ce séminaire d’élaboration des stratégies de plaidoyer ».
Josiane Djikoloum Darwatoye (Salama Peace Initiative) : « Cette formation a été dans l’ensemble largement positive en ce qui me concerne ; avec une participation interactive, un partage d’expériences et de connaissances qui m’a enrichie considérablement. Notamment mes perspectives dans l’implication d’un processus électoral plus crédible au Tchad. J’ai hâte de commencer à faire des plaidoyers et d’intensifier diverses actions afin d’être plus utile à mon pays ».
Liouda Maléel Marcous Gisèle (Centre Africain de la Paix) : « Je suis très ravie au sortir de cet atelier qui de par sa qualité et la pertinence des travaux, a été excellent. Les thématiques ont été abordées méthodiquement pour nous permettre de mieux comprendre les différents sujets pendant les 4 jours des travaux effectués en plénière et en groupes. Nous avons eu des échanges très riches, bénéficié des partages d’expériences, des conseils, des orientations et des encouragements. J’adresse des remerciements à EISA pour cette initiative et à tous les formateurs pour l’accompagnement tout au long des travaux ».












