
Le 15 septembre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a adopté un projet de révision constitutionnelle visant à prolonger de cinq à sept ans le mandat présidentiel. Le rapport relatif à cette réforme a été validé par 171 voix en faveur, une voix contre et aucune abstention. Si le résultat semble imposant, il soulève néanmoins des interrogations sur l’état réel de la démocratie dans le pays.
La révision de la constitution tchadienne, qui modifie la durée du mandat présidentiel, s’inscrit dans un contexte politique tendu. Le projet a été présenté comme une avancée démocratique, mais pour beaucoup d’observateurs, il apparaît davantage comme une manœuvre destinée à solidifier le pouvoir du président en place. Dans le processus législatif, la majorité écrasante en faveur de la réforme témoigne d’une homogénéité suspecte au sein de l’Assemblée nationale. Un nombre de voix aussi élevé laisse perplexe, surtout dans un pays où la liberté d’expression et la pluralité politique sont souvent remises en question.
Les sources proches du dossier évoquent une préparation minutieuse de la réforme, orchestrée par une commission spéciale censée préparer le terrain pour cette révision. Selon certains témoignages, des rétro-commissions auraient été distribuées aux membres de l’Assemblée pour garantir le succès du projet. Ces révélations renforcent l’idée que le Parlement tchadien ne serait qu’un simple instrument de validation des décisions présidentielles, loin des idéaux de représentation démocratique et de débats contradictoires.
Il convient de souligner que l’unique voix discordante lors du vote semble avoir été choisie pour maintenir l’illusion d’un processus démocratique, donnant ainsi l’impression d’un certain pluralisme au sein du Parlement. Cette stratégie de façade visait à étouffer toute contestation et à offrir au public l’image d’un débat sain et équilibré, alors que, dans les coulisses, des accords et des manipulations semblaient avoir conduit à l’issue du vote.
L’adoption de ce projet de révision constitutionnelle a de profondes répercussions sur l’avenir démocratique du Tchad. Les inquiétudes sur la transparence du processus et sur le rôle de l’Assemblée nationale dans ce débat sont légitimes. Une telle réforme, en modifiant la durée du mandat présidentiel, peut être perçue comme une tentative de consolider le pouvoir de manière autoritaire. À long terme, cela pourrait affaiblir les fondements mêmes de la démocratie dans le pays, en étouffant les contre-pouvoirs et en installant une forme de régime hégémonique.
Dans ce contexte, il devient crucial de se demander quelle direction prendra la démocratie au Tchad. À une époque où les voix de la contestation sont souvent réduites au silence, il semble nécessaire qu’une prise de conscience collective émerge, afin de préserver les principes démocratiques et les droits fondamentaux de la population. Le chemin vers une véritable démocratie nécessite plus qu’une simple réforme constitutionnelle. Il exige un renouvellement du dialogue politique et un respect des libertés publiques.










