
La Tanzanie, perçue jusqu’à récemment comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Est, fait face à une crise politique majeure, suite aux troubles violents qui ont secoué le pays lors des élections générales de septembre dernier. Des incidents violents ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, provoquant des tensions entre les forces de l’ordre et les partisans de l’opposition, qui ont dénoncé des irrégularités dans le processus électoral.
Dans un discours prononcé récemment, la présidente Samia Suluhu Hassan a reconnu que l’image de stabilité du pays, un des piliers de sa réputation régionale, avait été « ternie » par ces événements. Elle a exprimé sa préoccupation quant à l’impact que ces troubles pourraient avoir sur la perception internationale de la Tanzanie, un pays habituellement reconnu pour son calme relatif, en comparaison avec ses voisins comme le Kenya ou l’Ouganda, où des violences électorales sont plus fréquentes.
Les élections de 2025 ont été marquées par des accusations de fraude et de manipulation des résultats, notamment dans les régions contestées de Zanzibar, et des arrestations massives de militants de l’opposition. Les observateurs internationaux ont également relevé des restrictions à la liberté d’expression et à l’accès des médias, avec une couverture restreinte des manifestations post-électorales par les journalistes indépendants. En réponse à ces événements, le gouvernement a mis en place un certain nombre de mesures pour apaiser les tensions, incluant des appels au dialogue national et des initiatives visant à renforcer la transparence des institutions électorales.
Cependant, le défi reste de taille. Les partis d’opposition, dirigés par de figures comme Tundu Lissu et Freeman Mbowe, continuent de dénoncer ce qu’ils appellent un « coup d’État électoral », et insistent sur la nécessité de réformes politiques profondes pour garantir des élections libres et équitables dans le futur. Le climat de méfiance semble persister, et les tensions pourraient se maintenir dans les mois à venir, affectant potentiellement la stabilité du pays.
Dans un contexte régional où la stabilité politique est un facteur clé pour les investisseurs étrangers et pour les citoyens, la Tanzanie se trouve à un tournant décisif. La manière dont le gouvernement de Samia Suluhu Hassan gérera la situation pourrait déterminer l’avenir de son mandat et la position de la Tanzanie sur le continent africain.










