
L’ancienne ministre nigériane du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, a été acquittée par la Couronne de Southwark à Londres des accusations de corruption portées contre elle au Royaume-Uni. Cette décision met un terme judiciaire à une affaire très médiatisée, suivie depuis plus d’une décennie. Le verdict constitue également un revers notable pour les autorités britanniques engagées dans la lutte contre la criminalité financière transnationale.
Après treize années d’enquête et plusieurs années de procédure judiciaire, l’ancienne ministre nigériane du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, a été reconnue non coupable des accusations de corruption portées contre elle au Royaume-Uni. Le tribunal de la Couronne de Southwark, à Londres, l’a acquittée de cinq chefs d’accusation liés à l’acceptation de pots-de-vin ainsi que d’un chef d’accusation pour complot en vue de commettre des actes de corruption.
Âgée de 65 ans, Diezani Alison-Madueke était poursuivie pour avoir prétendument bénéficié d’avantages financiers et matériels de grande valeur, notamment des séjours dans des propriétés de luxe et des dépenses somptuaires, qui auraient été pris en charge par des acteurs influents du secteur pétrolier nigérian. Selon l’accusation, ces avantages auraient été accordés en échange de son influence au sein de l’industrie pétrolière du Nigeria, l’un des secteurs économiques les plus stratégiques du continent africain.
Durant toute la procédure, l’ancienne ministre a fermement rejeté les accusations. À la barre, elle a soutenu n’avoir jamais sollicité, accepté ou recherché le moindre pot-de-vin. Elle a défendu son parcours en insistant sur son attachement au respect des procédures administratives et institutionnelles. Elle a également estimé avoir été particulièrement exposée en raison de sa position de femme influente dans un univers politique et économique historiquement dominé par les hommes.
Cette décision judiciaire constitue un revers important pour la National Crime Agency (NCA), l’agence britannique chargée de la lutte contre la criminalité organisée et financière. L’organisme menait des investigations sur cette affaire depuis 13 ans, mobilisant d’importantes ressources dans le cadre d’un dossier à forte portée internationale.
Le procès concernait également d’autres personnalités proches du dossier. Doye Agama, frère aîné de l’ancienne ministre et archevêque basé à Manchester, a lui aussi été acquitté des accusations de complot. La dirigeante du secteur pétrolier Olatimbo Ayinde a également été déclarée non coupable.
La défense a par ailleurs dénoncé plusieurs failles procédurales. Les avocats ont mis en avant la disparition de documents jugés essentiels au Nigeria, susceptibles, selon eux, de renforcer la ligne de défense de leur cliente. Ils ont également critiqué les délais particulièrement longs entre l’ouverture de l’enquête et le procès.
Figure majeure du secteur énergétique africain, Diezani Alison-Madueke demeure une personnalité marquante de l’histoire politique nigériane. Première femme à occuper le poste de ministre du Pétrole au Nigeria, elle fut également la première femme à présider l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Son acquittement relance désormais le débat sur la coopération judiciaire internationale, la lutte anticorruption et la solidité des procédures transfrontalières dans les dossiers de criminalité financière complexe.
Réagissant après le verdict, Diezani Alison-Madueke a déclaré que son « cauchemar est terminé », affirmant que cette affaire avait profondément affecté sa vie personnelle et celle de sa famille pendant plus d’une décennie.








