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Niger : l’EI-Sahel et le JNIM revendiquent simultanément l’attaque contre l’aéroport de Niamey

photo d'illustration

L’aéroport international de Niamey, qui abrite également une base aérienne militaire stratégique, a été le 17 juin dernier, la cible d’une attaque revendiquée à la fois par l’État islamique au Sahel (EI-Sahel) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Cette offensive, combinée à plusieurs attaques coordonnées dans l’ouest du pays, illustre la dégradation continue de la situation sécuritaire nigérienne.

L’attaque contre l’aéroport international de Niamey marque un tournant préoccupant dans la dynamique sécuritaire au Niger. Située au cœur de la capitale, cette infrastructure stratégique, qui sert également de plateforme militaire, a été secouée par plusieurs explosions, provoquant un important déploiement des forces de défense et de sécurité.

Fait notable, deux des principales organisations jihadistes opérant au Sahel : l’État islamique au Sahel (EI-Sahel) et le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont revendiqué la responsabilité de l’attaque. Cette double revendication est inhabituelle et alimente les interrogations sur les véritables auteurs de cet assaut inédit. Toutefois, selon plusieurs sources locales, le JNIM apparaît comme l’acteur le plus susceptible d’avoir conduit cette opération.

Les autorités nigériennes ont dressé un bilan provisoire faisant état de 35 morts, dont 11 soldats, 2 civils et 22 assaillants tués lors des affrontements. Ce lourd bilan confirme l’intensité des combats autour d’un site considéré comme l’un des plus sensibles du pays.

Cette attaque contre Niamey ne constitue pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une séquence de violences coordonnées observée ces derniers jours dans plusieurs régions du Niger. Quelques heures avant l’assaut sur la capitale, des combattants de l’EI-Sahel auraient attaqué le village de Tassia, situé à plus de 100 kilomètres de Niamey. Selon des sources locales, des dizaines de miliciens communautaires y auraient été tués.

La veille déjà, plusieurs positions militaires ainsi que des camps de la Garde nationale situés dans l’ouest nigérien avaient été visés par des attaques simultanées. Des canaux non officiels liés à l’organisation État islamique ont affirmé que ces offensives auraient causé la mort de plus de 150 soldats et miliciens. Ce chiffre reste toutefois difficile à vérifier de manière indépendante.

Depuis plusieurs années, le Niger est confronté à une pression croissante des groupes armés opérant dans la région des trois frontières, à cheval entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Malgré les réorganisations militaires engagées après le changement de régime de 2023, les indicateurs sécuritaires demeurent alarmants. Selon plusieurs organismes spécialisés, le Sahel reste aujourd’hui l’épicentre mondial du terrorisme, concentrant plus de 50 % des décès liés aux attaques jihadistes à l’échelle mondiale.

Cette série d’attaques souligne ainsi l’ampleur du défi sécuritaire auquel le Niger est confronté. Elle met également en lumière la capacité persistante des groupes armés à frapper simultanément des cibles symboliques, civiles et militaires, y compris au cœur du pouvoir nigérien.

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