
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué lundi une nouvelle attaque dans le centre du Mali. Dans une vidéo diffusée sur ses canaux de propagande, l’organisation affirme avoir ciblé, le 21 mai dernier, des positions de milices Dozo pro-gouvernementales à Logo, dans la région de Mopti. Cette opération intervient dans un contexte de recrudescence des violences armées dans le centre malien, marqué par des affrontements répétés entre groupes jihadistes, milices locales et forces alliées de l’État.
Le centre du Mali demeure l’un des principaux foyers d’instabilité sécuritaire au Sahel. Le JNIM, coalition jihadiste liée à Al-Qaïda et active dans plusieurs pays ouest-africains, a publié une vidéo de 49 secondes revendiquant une attaque menée contre des milices Dozo dans la localité de Logo, située à l’ouest de Bankass, dans la région de Mopti.
Dans cette séquence relayée sur ses plateformes médiatiques, le groupe affirme avoir tué douze membres des milices locales et détruit plusieurs infrastructures ainsi que du matériel utilisé par ces combattants communautaires alliés aux autorités maliennes. Les chiffres avancés par l’organisation n’ont toutefois pas été confirmés de manière indépendante au moment de la publication.
Cette attaque s’inscrit dans une dynamique de violences croissantes observée depuis plusieurs semaines dans le centre du Mali. Selon plusieurs sources sécuritaires et humanitaires, certaines localités de la région auraient récemment manifesté leur opposition à l’influence et au contrôle, exercés par le JNIM. En réaction, le groupe armé aurait multiplié les opérations de représailles contre des villages et des positions tenues par les milices Dozo, accusées de collaborer avec les forces gouvernementales.
Les Dozo, confréries traditionnelles de chasseurs présentes dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, jouent depuis plusieurs années un rôle sécuritaire informel dans certaines zones rurales maliennes. Dans le contexte du conflit au Mali, plusieurs de ces groupes ont été mobilisés pour soutenir les forces locales face aux organisations jihadistes. Toutefois, leur implication dans le conflit reste controversée, certaines organisations de défense des droits humains ayant déjà dénoncé des abus commis contre des civils dans différentes régions du pays.
La région de Mopti est devenue, depuis 2015, l’un des épicentres de l’insécurité au Mali. D’après les données de l’ONG ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), des milliers de personnes ont été tuées dans les violences liées aux groupes armés et aux affrontements communautaires dans le centre malien au cours des dernières années. Les attaques visant les civils, les milices locales et les forces de sécurité se poursuivent malgré les opérations militaires conduites par les autorités de transition maliennes et leurs partenaires sécuritaires.
Cette nouvelle offensive revendiquée par le JNIM illustre également la capacité persistante du groupe à maintenir une présence opérationnelle dans plusieurs zones rurales du Mali, malgré la pression militaire exercée contre ses réseaux.
Alors que le Mali traverse une crise sécuritaire prolongée, la multiplication des affrontements entre groupes jihadistes et milices communautaires accentue les risques de fragmentation locale et d’escalade des violences. Dans le centre du pays, les populations civiles restent les premières exposées aux conséquences humanitaires et sécuritaires d’un conflit devenu l’un des plus complexes du Sahel.












