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Mali : le JNIM met à prix la tête du général Assimi Goïta et deux hauts responsables militaires

Al-Bambari alias Bina Diarra, porte-parole du JNIM

La confrontation entre les autorités maliennes et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) franchit un nouveau seuil. Quelques jours après l’inscription de plusieurs chefs jihadistes sur la liste des personnes recherchées par l’État malien, l’organisation affiliée à Al-Qaïda a, à son tour, annoncé des récompenses financières pour toute information permettant de localiser ou de neutraliser plusieurs hauts responsables du régime de transition. Cette escalade illustre l’intensification de la guerre psychologique qui accompagne le conflit sécuritaire au Mali.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a annoncé la mise à prix du président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, ainsi que de deux hauts responsables militaires, dans un contexte de montée des tensions entre les autorités de Bamako et les groupes armés jihadistes actifs dans le pays.

Dans une vidéo de 2 minutes et 55 secondes diffusée sur ses canaux de communication, le porte-parole du mouvement, Abu Hudhaifa Al-Bambari, également connu sous le nom de Bina Diarra, a déclaré qu’une récompense serait accordée à toute personne fournissant des informations permettant la localisation, la capture ou la neutralisation de plusieurs figures de premier plan du régime militaire malien.

Selon cette annonce, une somme de 2 millions d’euros est promise pour toute information concernant le président Assimi Goïta. Le colonel Lassina Diallo et le général Malik Dicko font également l’objet d’une récompense fixée à 1 million d’euros chacun. Au total, le JNIM met ainsi en jeu 4 millions d’euros, soit plus de 2,6 milliards de francs CFA au taux de change actuel.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par un durcissement de la stratégie des autorités maliennes contre les groupes armés. Le 4 juin 2026, le gouvernement de transition avait annoncé l’ajout de six personnalités de premier plan à sa liste des personnes activement recherchées. Parmi elles figurent notamment Iyad Ag Ghali, chef du JNIM, ainsi que Hamadoun Kouffa, dirigeant de la Katiba Macina, deux des figures les plus influentes de l’insurrection jihadiste au Sahel.

À cette occasion, les autorités avaient également annoncé une récompense pouvant atteindre jusqu’à 1,5 milliard de francs CFA pour toute information susceptible de conduire à la capture de ces responsables ou de leurs principaux collaborateurs. Cette mesure s’inscrivait dans une stratégie visant à renforcer les capacités de renseignement et à accroître la pression sur les réseaux armés opérant sur le territoire national.

La réponse du JNIM apparaît comme une réplique directe à cette initiative gouvernementale. Au-delà de la dimension financière, cette annonce s’inscrit dans une bataille d’influence et de communication où chaque camp cherche à démontrer sa capacité d’action et son pouvoir de nuisance.

Depuis plusieurs années, le Mali demeure confronté à une insécurité persistante. Malgré les opérations militaires menées par les forces nationales et leurs partenaires, les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique continuent de mener des attaques dans plusieurs régions du pays ainsi que dans certaines zones frontalières du Burkina Faso et du Niger.

Cette nouvelle escalade témoigne de la profondeur de l’affrontement entre l’État malien et les organisations jihadistes. Elle souligne également les défis sécuritaires auxquels le pays reste confronté, alors que la stabilité du Sahel demeure l’une des préoccupations majeures des gouvernements de la région et de leurs partenaires internationaux.

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