
La dégradation de la situation sécuritaire au Mali continue de toucher des infrastructures stratégiques. Selon des informations relayées ce 11 mai, des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, auraient saboté une partie des lignes électriques de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) dans l’ouest du Mali. Les installations concernées achemineraient l’électricité produite par le barrage de Manantali, dans la région de Kayes. Des menaces visant directement la centrale hydroélectrique auraient également été évoquées.
Le sabotage présumé des lignes électriques de l’OMVS intervient dans un contexte d’intensification des actions menées par le JNIM sur plusieurs axes stratégiques du Mali. Depuis plusieurs semaines, le groupe armé multiplie les offensives contre les infrastructures de transport, les positions militaires et les circuits d’approvisionnement économique, notamment dans les régions du centre et de l’ouest du pays.
Les lignes visées transporteraient une partie de l’électricité produite par le barrage hydroélectrique de Manantali, ouvrage majeur de l’OMVS situé sur le fleuve Bafing, dans la région de Kayes. Mise en service au début des années 2000, la centrale dispose d’une capacité estimée à environ 200 mégawatts grâce à cinq turbines et joue un rôle essentiel dans l’alimentation électrique du Mali, du Sénégal et de la Mauritanie.
L’OMVS constitue depuis plusieurs décennies, l’un des principaux instruments de coopération régionale en Afrique de l’Ouest. L’organisation gère notamment les barrages de Manantali et de Diama, ainsi que plusieurs réseaux d’interconnexion énergétique entre États membres. Les infrastructures électriques de l’organisation représentent un maillon stratégique pour l’approvisionnement énergétique régional, alors que le Mali reste confronté à un déficit chronique de production et de distribution d’électricité. En 2025, le taux d’électrification du pays était estimé à environ 56 %, avec des disparités importantes entre zones urbaines et rurales.
Aucune communication officielle détaillée n’avait encore été publiée par les autorités maliennes ou par l’OMVS au moment des premières informations diffusées. Toutefois, les menaces évoquées contre la centrale de Manantali suscitent des inquiétudes croissantes quant à la sécurité des infrastructures énergétiques dans le Sahel. Une attaque directe contre le barrage ou contre les installations de production pourrait provoquer des perturbations importantes dans plusieurs pays de la sous-région.
Ces derniers mois, le JNIM semble avoir élargi sa stratégie en ciblant davantage les infrastructures économiques et logistiques. Des analyses sécuritaires récentes indiquent que le groupe cherche notamment à affaiblir les capacités de l’État malien en perturbant les réseaux de transport, les corridors commerciaux et les systèmes énergétiques.
Cette nouvelle menace illustre ainsi l’évolution du conflit malien vers une guerre d’usure touchant désormais les infrastructures vitales. Au-delà des enjeux militaires, les risques concernent désormais directement l’approvisionnement énergétique, l’activité économique et les conditions de vie des populations dans plusieurs pays dépendants du réseau de l’OMVS.










