
Le climat sécuritaire déjà fragile dans le centre du Mali vient de s’assombrir davantage. Le maire de la commune de Dogofry, Modibo Kimbiri, a été assassiné mercredi lors d’une attaque survenue à Diabaly Dogofry, localité située à une quinzaine de kilomètres de Farabougou, zone tombée depuis le 19 août dernier sous le contrôle des jihadistes, dans la région de Ségou. Selon des sources locales concordantes, l’opération aurait été menée par des combattants affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une coalition jihadiste liée à Al-Qaïda.
L’assassinat de l’édile marque un nouveau coup porté aux autorités locales, souvent perçues comme la première cible des groupes armés. Ces derniers cherchent à affaiblir l’État malien en s’en prenant à ses représentants les plus proches des populations, créant ainsi un vide institutionnel propice à l’extension de leur influence.
Dogofry et ses environs sont depuis plusieurs années au cœur d’une zone de fortes tensions, où civils, élus et forces de défense sont régulièrement visés. La proximité de Farabougou, connue pour avoir été assiégée en 2020 par des groupes jihadistes, illustre la persistance d’un conflit qui échappe encore largement au contrôle des forces de sécurité.
Au-delà de la tragédie humaine, cette attaque soulève des inquiétudes sur l’avenir de la gouvernance locale dans les régions touchées par la violence. Les élus, déjà fragilisés par des moyens limités et une présence sécuritaire insuffisante, exercent leurs fonctions dans une atmosphère de menace permanente.
Si les autorités maliennes n’ont pas encore officiellement réagi, cet assassinat pourrait accentuer la pression sur Bamako, confronté au défi d’assurer la protection des responsables administratifs et de restaurer la confiance des populations. Pour les habitants de Dogofry, l’élimination de leur maire est non seulement une perte symbolique, mais aussi un rappel brutal que la guerre qui se joue dans le centre du pays reste loin d’être terminée.







