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Madagascar : le colonel Randrianirina renforce les liens avec la Russie et promet une « rupture totale » après son coup d’État

Le colonel malgache Michael Randrianirina et l'ambassadeur russe Andrey Andreev

Le colonel Michael Randrianirina, à la tête de Madagascar depuis son coup d’État du 15 octobre 2025, a marqué un tournant dans la politique extérieure du pays en rencontrant, mardi 21 octobre, Andrey Andreev, l’ambassadeur de la Fédération de Russie. Cette rencontre, qui s’est tenue au cœur de la transition politique en cours, a permis aux deux responsables de discuter du renforcement de la coopération entre Madagascar et la Russie, dans un contexte où le pays traverse une période de bouleversement après la chute du président Andry Rajoelina.

« Nos échanges ont porté sur le renforcement de la coopération entre Madagascar et la Russie durant cette période de transition », a déclaré le colonel Randrianirina, soulignant la volonté de son gouvernement de se tourner vers des partenaires stratégiques capables de soutenir sa position. Cette rencontre a marqué un moment clé dans la construction de l’axe diplomatique du nouveau pouvoir malgache, qui cherche à sortir de l’influence occidentale au profit de relations plus orientées vers l’est.

Le lendemain, le colonel a accordé une interview exclusive à l’agence de presse russe Spoutnik, dans laquelle il a dévoilé sa vision pour l’avenir du pays. Dans un discours qui a mis en avant l’idéologie du panafricanisme, Randrianirina a promis une « rupture totale avec ce qui a été fait avant », un message direct qui semble s’adresser non seulement à l’ancien régime, mais également aux puissances occidentales traditionnellement influentes à Madagascar.

La déclaration du colonel rappelle les récents discours des juntes militaires en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui ont également choisi de resserrer leurs liens avec la Russie après leurs coups d’État respectifs. Des expressions comme « partenariats gagnant-gagnant » et « rupture avec le passé » ont ainsi été largement utilisées dans ces pays, renforçant les parallèles entre les régimes militaires africains en transition.

Dans un contexte de transition incertaine, ces déclarations suscitent de nombreuses interrogations. Peu avant sa chute, Andry Rajoelina, l’ex-président de Madagascar, avait évoqué le soutien de « puissances étrangères » au mouvement de contestation, surnommé le « Gen Z ». Si cette analyse semblait alors marginale, la posture du colonel Randrianirina pourrait bien relancer le débat, alimentant des spéculations sur les acteurs externes impliqués dans le changement de régime malgache.

En attendant, le pays se trouve à un carrefour, où les enjeux internes se mêlent à une redéfinition des relations internationales. Le futur de Madagascar semble désormais intimement lié à la direction que prendra la transition politique initiée par Randrianirina, à la fois sur le plan intérieur et international.

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