
La Guinée équatoriale a officiellement changé de capitale. Vendredi, le président de la République, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a proclamé Ciudad de la Paz (Cité de la Paix), chef-lieu de la province de Djibloho, comme nouvelle capitale du pays. Cette décision historique a été annoncée lors d’une cérémonie solennelle tenue au siège de la présidence du gouvernement à Djibloho, en présence du vice-président de la République, de la Première Dame et de plusieurs hauts responsables politiques et administratifs.
Dans son allocution, le chef de l’État a justifié ce transfert par des impératifs de sécurité nationale. Il a rappelé que les anciennes capitales de fait, Malabo et Bata, ont été exposées à des menaces répétées, notamment des attaques par voie maritime contre des installations gouvernementales. Le président a également évoqué la tentative de coup d’État déjouée en 2017 à la frontière camerounaise, soulignant la nécessité pour l’État de se doter d’un centre de décision mieux protégé et stratégiquement situé.
Au-delà de la sécurité, Teodoro Obiang Nguema a présenté cette relocalisation comme un acte symbolique fort, marquant la volonté de rompre avec les héritages des structures coloniales, 57 ans après l’indépendance du pays. Il a insisté sur la nécessité d’un rééquilibrage territorial et d’un développement plus harmonieux de l’ensemble du territoire national. À cet égard, il a cité des exemples internationaux, notamment le Nigeria, qui a transféré sa capitale de Lagos à Abuja, et le Brésil, qui a déplacé la sienne de Rio de Janeiro à Brasilia.
S’exprimant sur le réseau social X, le vice-président de la République a précisé qu’un délai d’un an a été fixé pour le transfert institutionnel et l’installation progressive des structures de l’État à Ciudad de la Paz. Cette période permettra une transition ordonnée et la mise en place des administrations centrales dans la nouvelle capitale.
Située au cœur de la région continentale, la Cité de la Paix bénéficie d’une position géographique stratégique, accessible depuis n’importe quel district du pays en moins de trois heures. Selon les autorités, les importants chantiers d’infrastructures en cours devraient générer des milliers d’emplois, contribuant ainsi à la dynamisation économique de la zone.
Enfin, le gouvernement estime que cette décision permettra de mieux réguler les flux migratoires vers les grandes agglomérations de Malabo et Bata, tout en renforçant la stabilité politique et institutionnelle de la Guinée équatoriale. Cette nouvelle étape marque un tournant majeur dans l’histoire politique et administrative du pays.









