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Guinée-Bissau : le référendum constitutionnel renforce les pouvoirs du président avant l’élection présidentielle

Le Général Horta N'tam, chef de la junte de Guinée-Bissau

Les électeurs de Guinée-Bissau ont approuvé, le 30 août 2026, une réforme constitutionnelle qui accroît les prérogatives du chef de l’État et réduit la représentation parlementaire. Selon les résultats provisoires communiqués par la Commission électorale nationale, le « oui » a recueilli environ 70 % des suffrages, contre 30 % pour le « non ». Le nouveau texte intervient quelques mois avant les élections générales prévues en décembre.

Le référendum modifie plusieurs dispositions majeures de l’organisation institutionnelle du pays. La réforme prévoit notamment de faire passer le nombre de députés de 102 à 65, soit une diminution de 37 sièges, correspondant à environ 36 % de l’effectif actuel. Le nombre de circonscriptions électorales doit également être ramené de 29 à 12. Selon les autorités de transition, cette réduction vise notamment à rendre le fonctionnement parlementaire plus resserré et à modifier l’organisation de la représentation politique.

Le changement le plus significatif concerne toutefois l’équilibre entre les pouvoirs exécutif et législatif. Le nouveau dispositif accorde au président la possibilité de nommer et de révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement. Le chef de l’État doit également présider le Conseil des ministres et disposer du pouvoir de créer ou de supprimer des ministères. Dans certaines circonstances qualifiées de grave crise politique, il pourra aussi dissoudre le Parlement et mettre fin aux fonctions du gouvernement.

Cette évolution intervient dans un contexte politique particulièrement instable. La Guinée-Bissau est dirigée par un pouvoir de transition militaire depuis novembre 2025, après la prise du pouvoir intervenue à la suite d’une élection présidentielle contestée. Les autorités de transition ont présenté la réforme comme un moyen de réduire les conflits récurrents entre la présidence et la primature, au cœur du fonctionnement du précédent système semi-présidentiel.

Le scrutin a cependant été contesté par plusieurs formations de l’opposition, dont le PAIGC, qui avaient appelé au boycott. Des observateurs ont également relevé une participation irrégulière dans plusieurs bureaux de vote. Les données disponibles indiquent néanmoins que le « oui » a obtenu une nette majorité parmi les suffrages exprimés.

La réforme introduit par ailleurs une nouvelle condition pour les candidats à la présidence : ceux-ci devront avoir résidé de manière permanente en Guinée-Bissau pendant les cinq années précédant l’élection. Cette disposition intervient alors que le pays doit organiser en décembre son prochain scrutin présidentiel, dans le cadre du processus annoncé de retour à un pouvoir civil élu.

La portée de cette réforme dépasse ainsi le seul calendrier électoral. Elle redéfinit les rapports entre les institutions guinéennes et place la prochaine présidentielle dans un environnement constitutionnel profondément remanié. Pour la Guinée-Bissau comme pour d’autres pays africains confrontés à des révisions institutionnelles avant des élections, l’enjeu sera désormais d’observer la manière dont ces nouvelles règles seront appliquées et comment elles fonctionneront dans la pratique institutionnelle.

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