Home AFRIQUE Côte d’Ivoire : l’ambassadeur de France décline l’invitation d’Alassane Ouattara àu 2ème...

Côte d’Ivoire : l’ambassadeur de France décline l’invitation d’Alassane Ouattara àu 2ème congrès ordinaire de son parti

Jean-Christophe Belliard, ambassadeur de France en Côte d'Ivoire

Le deuxième congrès ordinaire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), tenu à Abidjan les 21 et 22 juin, a rassemblé une large palette de militants, cadres du parti et personnalités diplomatiques. Cependant, un fait n’a pas échappé aux observateurs : l’absence remarquée de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Jean-Christophe Belliard.

Alors que de nombreuses représentations diplomatiques étaient présentes, notamment celles de la Chine, de la Russie, des États-Unis et de l’Union européenne, la chaise réservée à l’ambassade de France est restée vide tout au long des cérémonies. Une absence qui a alimenté les spéculations et suscité de vives interrogations dans les milieux politiques et diplomatiques à Abidjan.

Et pourtant, il est de tradition que la France, partenaire historique de la Côte d’Ivoire, a toujours maintenu une présence visible et affichée lors des grands événements politiques nationaux. Son retrait du congrès du Rhdp ne saurait donc passer inaperçu, surtout dans le contexte actuel des recompositions diplomatiques en Afrique de l’Ouest.

Selon des sources proches de l’organisation, l’ambassade de France avait bien été invitée officiellement, comme les autres chancelleries. Mais, a décliné l’offre et aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier cette non-participation.

Dans un contexte où la France tente de redéfinir sa présence en Afrique de l’Ouest, et alors que de nouveaux partenaires comme la Russie ou la Turquie intensifient leurs liens avec les pays de la région, cette absence a été vite  perçue par certains analystes comme un signe d’un refroidissement diplomatique ou, à tout le moins, d’une prudente distance face aux enjeux électoraux à venir en Côte d’Ivoire.

Interrogés sur la question, les responsables du Rhdp, parti au pouvoir, ont préféré relativiser l’absence du diplomate français, insistant sur le caractère « républicain et souverain » de leur rassemblement. « Ce congrès est une affaire ivoirienne. Ceux qui sont venus ont honoré notre invitation ; ceux qui ne sont pas venus ont sûrement leurs raisons », a déclaré un cadre du parti sous couvert d’anonymat.

À quelques mois de la présidentielle de 2025, ce type de signal diplomatique pourrait avoir des implications dans la recomposition des alliances internationales en Côte d’Ivoire.

L’absence de l’ambassadeur de France au deuxième congrès ordinaire du Rhdp, parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, est loin d’être anodine. Dans le langage diplomatique, l’absence volontaire à un événement politique majeur – surtout lorsqu’il s’agit du parti présidentiel en période préélectorale – est un signal politique fort, souvent chargé de sous-entendus.

À première vue, il serait tentant d’y voir une simple indisponibilité d’agenda ou une posture de neutralité. Mais dans le contexte actuel, où la diplomatie française traverse une phase d’ajustement douloureux en Afrique de l’Ouest, cela pourrait traduire un malaise plus profond dans les relations franco-ivoiriennes.

Depuis la montée en puissance de nouvelles influences géopolitiques sur le continent – Russie, Chine, Turquie – la France tente de redéfinir ses liens avec ses anciens partenaires traditionnels. À Abidjan, la relation Paris-Yamoussoukro, autrefois considérée comme un « modèle de coopération », semble entrer dans une nouvelle phase, marquée par plus de retenue de la part de l’Élysée.

L’absence du représentant français au congrès du RHDP pourrait s’interpréter comme une volonté de ne pas apparaître trop proche d’un régime confronté à une opposition croissante, et à des critiques sur la transparence du processus électoral à venir.

Cela s’inscrirait dans une tendance plus large de la diplomatie française à s’éloigner de l’image de « parrain » politique, jugée contre-productive depuis les bouleversements au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here
Captcha verification failed!
CAPTCHA user score failed. Please contact us!