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Sahara occidental : l’ONU confie à Alexander Ivanko la liquidation de la MINURSO après 35 ans de présence

photo d'illustration

La désignation d’Alexander Ivanko à la tête de l’équipe chargée de liquider la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) marque une nouvelle étape dans le retrait de l’organisation internationale du territoire. Cette décision intervient après l’expiration du mandat de la mission, le 31 octobre 2026, faute d’accord au Conseil de sécurité sur son renouvellement. Au-delà des opérations administratives et logistiques, cette évolution soulève des interrogations sur le suivi du cessez-le-feu, la sécurité régionale et les perspectives de règlement du différend entre le Maroc et le Front Polisario.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a confié à Alexander Ivanko la direction de l’équipe chargée de superviser les opérations de liquidation de la MINURSO. L’annonce a été faite le vendredi 6 novembre 2026 par le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors du point de presse quotidien des Nations unies à New York. Cette équipe travaillera sous la supervision du Département de l’appui opérationnel de l’organisation.

La décision s’inscrit dans une séquence institutionnelle particulière. Le 30 octobre, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à adopter les projets de résolution destinés à déterminer l’avenir de la mission. Le texte présenté par les États-Unis, qui prévoyait notamment une prolongation du mandat, a recueilli onze voix favorables, contre une voix négative de la Russie, qui a exercé son droit de veto, et trois abstentions : celles de la Chine, du Pakistan et de la Somalie. Le projet alternatif russe n’a pas davantage obtenu les neuf voix nécessaires à son adoption. Le mandat a donc pris fin le lendemain, sans renouvellement.

Créée en 1991 par la résolution 690 du Conseil de sécurité, la MINURSO avait pour mission de contribuer à la mise en œuvre du règlement proposé conjointement par l’ONU et l’Organisation de l’unité africaine, notamment à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Au fil des années, son rôle s’est également traduit par la surveillance du cessez-le-feu et l’observation de la situation sécuritaire. La mission aura ainsi été présente pendant trente-cinq ans dans un territoire dont le statut politique demeure contesté.

La liquidation implique désormais des opérations concrètes : retrait des observateurs militaires, rapatriement des personnels concernés, fermeture des installations et traitement des équipements appartenant aux Nations unies. Selon les précisions communiquées par l’organisation, le dispositif de retrait concerne environ 160 observateurs militaires, 180 personnels civils et treize installations. Ces opérations devront être conduites dans le respect des procédures administratives, logistiques et environnementales applicables.

L’enjeu dépasse cependant le démantèlement matériel d’une mission internationale. Depuis la reprise des hostilités en 2020, la présence de la MINURSO constituait un dispositif d’observation et de liaison entre les parties. Sa disparition opérationnelle réduit donc un mécanisme institutionnel de surveillance, sans que cela permette, à ce stade, de mesurer précisément les conséquences sur le terrain.

La dimension politique de cette évolution reste particulièrement importante. Le différend oppose le Maroc, qui défend une proposition d’autonomie sous sa souveraineté, au Front Polisario, qui revendique l’indépendance du territoire. Malgré plusieurs initiatives diplomatiques, les positions des parties n’ont pas permis de parvenir à un accord définitif. La fin de la MINURSO ne constitue donc ni une décision sur le statut du Sahara occidental ni un règlement du différend. Les Nations unies ont d’ailleurs précisé que la cessation des opérations de la mission ne remet pas en cause le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Pour l’organisation internationale, la fermeture de la mission ne signifie pas pour autant l’abandon du processus diplomatique. António Guterres a réaffirmé la disponibilité des Nations unies à accompagner les parties vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, notamment par l’intermédiaire de son envoyé personnel pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura. Le maintien de ce canal diplomatique sera déterminant dans une configuration où le dispositif de maintien de la paix ne sera plus opérationnel.

La question centrale porte désormais sur les mécanismes susceptibles de préserver un minimum de transparence sécuritaire et de favoriser la reprise du dialogue. Sans dispositif équivalent de surveillance sur le terrain, l’observation des évolutions militaires et la prévention des incidents pourraient devenir plus complexes. La responsabilité des parties et la capacité des acteurs internationaux à maintenir un cadre de concertation seront donc particulièrement importantes.

La mission d’Alexander Ivanko concerne d’abord la liquidation administrative et opérationnelle de la MINURSO ; elle ne lui confère pas un mandat de règlement politique. Après trente-cinq années de présence, le retrait de cette mission ouvre ainsi une nouvelle séquence diplomatique dont les conséquences dépendront moins du démantèlement institutionnel que de la volonté des protagonistes de poursuivre une solution négociée

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