
L’épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC), où plus de 10 000 cas confirmés ont été recensés. Le Kenya et le Nigeria ont également signalé des cas liés à des déplacements transfrontaliers. Les derniers bilans disponibles soulignent les enjeux de la surveillance épidémiologique, du suivi des contacts et de la coordination sanitaire entre pays africains.
Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui reprend les données des autorités sanitaires congolaises, la RDC comptabilisait, au 25 octobre, 10 060 cas confirmés et 4 887 décès. Ce bilan, publié le 27 octobre, traduit une progression par rapport aux chiffres arrêtés au 20 octobre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui faisait état de 9 704 cas confirmés et de 4 687 décès. Les deux séries correspondent à des dates de référence différentes et doivent être interprétées en tenant compte de cette distinction.
L’ampleur de la situation congolaise se mesure également à son étendue géographique. Huit provinces sont concernées, parmi lesquelles l’Ituri et le Nord-Kivu, qui concentrent une part importante des infections et des décès. Au 20 octobre, l’OMS recensait des cas dans 66 zones de santé réparties entre ces huit provinces. L’organisation signalait aussi une proportion élevée de décès survenus dans les communautés, un indicateur qui met en évidence les difficultés de détection précoce et d’accès rapide aux structures de prise en charge.
Au Kenya, neuf cas confirmés avaient été signalés au 26 octobre, dont deux décès. Le premier cas identifié était celui d’un voyageur arrivé de RDC en passant par l’Ouganda. Les huit autres cas étaient liés à ce cas initial et concernaient notamment des membres de sa famille ainsi que des professionnels de santé. Selon l’ECDC, aucune transmission au-delà de ce groupe n’avait été établie dans les informations disponibles à cette date. Les autorités poursuivaient néanmoins le suivi des contacts afin de détecter d’éventuelles infections supplémentaires.
Le Nigeria a, pour sa part, confirmé le 20 octobre un cas importé à Abuja, chez une patiente ayant voyagé depuis l’Ouganda. Le 27 octobre, l’ECDC indiquait que la patiente avait été évacuée médicalement vers la Suisse. Les investigations se poursuivaient pour reconstituer son parcours et déterminer les circonstances de l’exposition. Au 26 octobre, 53 contacts avaient été identifiés et faisaient l’objet d’un suivi, selon les données rapportées par l’ECDC. Ce cas rappelle l’importance de la coopération entre les services sanitaires, les points d’entrée internationaux et les équipes chargées de l’investigation épidémiologique.
La réponse médicale demeure un autre enjeu majeur. Dans son bulletin du 23 octobre, l’OMS indiquait qu’aucun vaccin ni traitement spécifique contre la maladie due au virus Bundibugyo n’était alors approuvé. Toutefois, un essai clinique de candidats vaccins, baptisé TUMAINI, a été lancé le 23 octobre à Bunia, en RDC. Cet essai de phase 2/3 doit contribuer à produire des données scientifiques sur la sécurité et l’efficacité des candidats étudiés ; son lancement ne signifie pas qu’un vaccin est déjà disponible pour la population.
Au-delà des chiffres, l’évolution de l’épidémie pose la question de la continuité des services de santé. La surveillance des contacts, la protection des soignants, l’isolement des cas et l’accès aux soins nécessitent des ressources humaines et logistiques durables. Les autorités doivent également préserver les activités sanitaires ordinaires, notamment la vaccination et les soins maternels, afin de limiter les conséquences indirectes de la crise.
La situation appelle ainsi une réponse coordonnée, fondée sur des données actualisées et des mécanismes de coopération transfrontalière. Les bilans de la RDC, du Kenya et du Nigeria décrivent des situations épidémiologiques distinctes qui exigent une appréciation séparée. L’évolution des prochains jours dépendra notamment de la capacité des équipes sanitaires à identifier rapidement les infections, à suivre les contacts et à partager des informations vérifiées.








