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Nigeria : enquête après la mort de 37 détenus dans l’État du Niger

photo d'illustration

Les autorités nigérianes ont engagé plusieurs enquêtes après la mort de 37 personnes détenues dans l’État du Niger, dans le nord-ouest du pays. Les victimes avaient été arrêtées lors d’opérations menées contre des activités minières présumées illégales. L’affaire a provoqué des manifestations à Minna, entraînant l’instauration d’un couvre-feu et la suspension de plusieurs responsables du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC).

Les 37 personnes décédées faisaient partie d’un groupe de suspects arrêtés les 15 et 16 septembre lors d’opérations conduites notamment dans les zones de M.I. Wushishi et Lukoto. Selon le gouverneur de l’État du Niger, Mohammed Umaru Bago, 67 personnes avaient été placées en détention dans les locaux du NSCDC avant que 37 d’entre elles ne soient retrouvées mortes. Parmi les victimes figuraient des adolescents, certains âgés de 14 à 18 ans.

La cause exacte des décès n’est toutefois pas encore établie. Dans un premier temps, le NSCDC avait évoqué une possible épidémie. Des survivants ont, de leur côté, décrit des conditions de détention marquées par la surpopulation et une ventilation insuffisante, évoquant des difficultés respiratoires. Le gouverneur Bago a indiqué que l’hypothèse d’une asphyxie liée à la surpopulation ainsi que celle d’une exposition à des substances dangereuses utilisées dans l’exploitation minière figuraient parmi les pistes examinées. Des examens médicaux et des autopsies doivent permettre d’établir les circonstances précises des décès.

Face aux interrogations, le gouvernement fédéral a ordonné une enquête indépendante. Le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a annoncé la suspension du commandant du NSCDC dans l’État du Niger ainsi que de 20 autres agents. Une commission indépendante de dix membres a été mise en place pour examiner notamment l’identité des victimes, les conditions de leur arrestation et de leur détention, ainsi que les circonstances et les causes des décès.

La crise a également pris une dimension sécuritaire. Des manifestations ont éclaté à Minna, où des affrontements et des dégradations de biens publics et privés ont été signalés. Les autorités de l’État ont alors instauré un couvre-feu de 24 heures dans la capitale afin de contenir les troubles.

L’affaire intervient dans un contexte de lutte renforcée contre l’exploitation minière illégale au Nigeria. Les autorités cherchent à limiter les activités minières clandestines, notamment dans les zones où l’exploitation artisanale échappe aux normes réglementaires et de sécurité. Le gouvernement fédéral a parallèlement dépêché des experts miniers et techniques pour contribuer aux investigations.

À ce stade, les différentes procédures doivent encore déterminer les causes médicales des décès et établir les éventuelles responsabilités. Les autorités nigérianes ont également affirmé vouloir poursuivre la lutte contre l’exploitation minière illégale, tout en établissant les circonstances précises du drame survenu dans les locaux du NSCDC.

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