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Nigeria : Tinubu défend ses réformes économiques malgré la pression sur les ménages et le pouvoir d’achat

photo d'illustration

Le ministre nigérian des Finances et coordinateur de l’Économie, Taiwo Oyedele, a de nouveau défendu mercredi 19 août les réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Bola Tinubu en 2023. Selon lui, la suppression de la subvention aux carburants et la réforme du régime de change ont permis d’éviter un risque d’effondrement économique. Ces mesures ont toutefois provoqué une forte hausse du coût de la vie et restent au cœur des critiques adressées au gouvernement.

La réforme du marché des changes a notamment mis fin à l’ancien système de taux multiples et renforcé le rôle du marché dans la détermination du naira. Le FMI estime que cette évolution, combinée aux autres mesures budgétaires, a contribué à améliorer la stabilité macroéconomique. L’institution prévoit une croissance réelle de 4,1 % en 2026, après 4 % en 2025, tandis que l’inflation annuelle moyenne devrait passer de 23 % en 2025 à environ 16 % cette année.

Les résultats macroéconomiques ne suffisent cependant pas à mesurer l’impact des réformes sur les ménages. Le FMI estime que 63 % de la population nigériane vivait sous le seuil national de pauvreté en 2025 et que 27 millions de personnes avaient été confrontées à l’insécurité alimentaire durant cette période. L’institution souligne également que la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires peut encore aggraver ces difficultés.

La question du coût budgétaire des anciennes subventions constitue un autre point du débat. Fin juillet, Oyedele indiquait que les économies réalisées grâce à la suppression des subventions et aux réformes du marché des changes avaient été largement absorbées par l’augmentation du service de la dette et par la hausse des dépenses publiques. Il citait notamment une progression des coûts d’emprunt pouvant atteindre 24 %, contre environ 8 % avant les réformes, ainsi qu’une hausse du salaire minimum à 70 000 nairas.

Les institutions internationales reconnaissent donc une amélioration de la stabilité économique tout en soulignant les difficultés sociales persistantes. La Banque mondiale observe une baisse de l’inflation et un renforcement des positions extérieures et budgétaires, mais constate que les revenus des ménages n’ont pas encore retrouvé leur niveau souhaité et que la pauvreté demeure élevée.

Le bilan reste ainsi partagé entre deux temporalités. À court terme, les réformes ont entraîné une importante détérioration du pouvoir d’achat. À moyen terme, Abuja, le FMI et la Banque mondiale constatent plusieurs signes de stabilisation. L’enjeu demeure désormais de transformer cette stabilisation macroéconomique en amélioration durable des conditions de vie, dans un pays qui pèse fortement sur l’économie et les échanges de l’Afrique de l’Ouest.

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