
Des hommes armés ont enlevé des élèves de lycée et d’autres voyageurs dans l’État de Benue, au centre du Nigeria, alors qu’ils se rendaient à un examen d’entrée à l’université. L’attaque, confirmée par le gouverneur local, marque le premier enlèvement signalé d’étudiants en 2026. Elle s’inscrit dans un contexte sécuritaire toujours dégradé, où les kidnappings de masse restent une stratégie privilégiée par des groupes criminels et insurgés.
Selon les autorités de l’État de Benue, l’attaque s’est produite sur l’axe routier Makurdi–Otukpo, une artère stratégique du centre-nord nigérian. Le gouverneur Hyacinth Alia a dénoncé un « acte lâche » perpétré par des hommes armés non identifiés, visant notamment des candidats au Joint Admissions and Matriculation Board (JAMB), l’examen national d’entrée à l’université.
Si aucun bilan officiel précis n’a été communiqué dans l’immédiat, des sources locales évoquent au moins une dizaine d’élèves portés disparus, certains médias avançant le chiffre de 17 étudiants. D’autres voyageurs figureraient également parmi les victimes, confirmant que l’attaque visait indistinctement les usagers de la route, une tactique récurrente des groupes armés opérant dans cette région.
Le gouverneur a ordonné l’ouverture immédiate d’opérations de recherche et de sauvetage, mobilisant forces de sécurité et dispositifs locaux. Dans un communiqué officiel, il a insisté sur le caractère « inacceptable » du ciblage d’étudiants se rendant à des examens, soulignant l’impact psychologique et social de ce type d’attaque sur les familles et le système éducatif.
Cet enlèvement intervient dans un contexte national marqué par la persistance des kidnappings de masse. Au Nigeria, plus de 1 500 élèves ont été enlevés au cours de la dernière décennie, principalement dans les régions nord et centre, où opèrent à la fois des groupes jihadistes comme Boko Haram ou ISWAP, et des bandes criminelles motivées par des rançons.
Bien que l’État de Benue soit davantage connu pour les conflits intercommunautaires entre agriculteurs et éleveurs, il n’est pas épargné par cette économie criminelle de l’enlèvement. Les axes routiers y sont devenus des zones à haut risque, facilitant les embuscades et les prises d’otages rapides avant dispersion dans des zones rurales difficiles d’accès.
La nature exacte du groupe responsable reste inconnue à ce stade. Toutefois, les autorités nigérianes attribuent généralement ce type d’attaque à des « bandits » lourdement armés, distincts des organisations jihadistes mais parfois en interaction avec elles. Cette hybridation des menaces complique considérablement la réponse sécuritaire, notamment dans les zones rurales où la présence de l’État est limitée.
Au-delà du cas de Benue, cet enlèvement souligne une vulnérabilité persistante du système éducatif nigérian. Les déplacements d’élèves pour les examens, souvent sur de longues distances, constituent des cibles opportunes pour les groupes armés, en raison de la faible sécurisation des corridors routiers.
L’enlèvement d’élèves dans l’État de Benue illustre une nouvelle fois la résilience des réseaux criminels au Nigeria, malgré les opérations sécuritaires en cours. En ciblant des candidats à l’université, les assaillants frappent au cœur des perspectives d’avenir de la jeunesse nigériane. À court terme, la priorité reste la libération des otages ; à moyen terme, la sécurisation des axes routiers et des activités éducatives demeure un défi stratégique majeur pour les autorités fédérales et locales.









