Accueil AFRIQUE Mali : l’insécurité persistante alimente la crise du carburant et fragilise la...

Mali : l’insécurité persistante alimente la crise du carburant et fragilise la stabilité du pays

photo d'illustration

Le 23 septembre, des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont intercepté des camions-citernes abandonnés sur l’axe routier Kayes et Bamako avant de siphonner leur contenu. Munis de jerrycans, les insurgés ont méthodiquement récupéré le carburant, ressource stratégique devenue rare et chère à travers le pays.

Cet incident met en lumière deux réalités inquiétantes. D’une part, la liberté d’action dont disposent encore les groupes armés dans plusieurs zones, y compris dans des corridors économiques essentiels. D’autre part, l’impact direct de ces violences sur la vie quotidienne des populations. Alors que les prix du carburant s’envolent dans la plupart des villes maliennes, seule la capitale Bamako parvient à maintenir une relative stabilité, conséquence de la priorité accordée à son approvisionnement.

Le phénomène n’est pas isolé. Depuis plusieurs mois, les attaques contre des convois, les enlèvements de chauffeurs routiers et les sabotages ciblés se multiplient. Ces actions visent non seulement à affaiblir l’État, mais aussi, à s’assurer des ressources financières et logistiques. Le carburant, utilisé pour les déplacements, la logistique militaire ou encore la revente, est devenu une véritable manne pour les groupes armés.

La montée du terrorisme au Mali s’inscrit dans un contexte régional plus large. Dans l’ensemble du Sahel, du Burkina Faso au Niger, la recrudescence des attaques démontre la capacité d’adaptation de mouvements jihadistes malgré les efforts militaires nationaux et des partenaires russes. La fin progressive de la présence des forces étrangères, notamment françaises, a laissé un vide sécuritaire difficile à combler. Les armées locales, souvent sous-équipées et confrontées à des contraintes logistiques, peinent à contenir l’expansion des groupes.

Pour les populations, les conséquences sont multiples : flambée des prix, difficultés de circulation, raréfaction des biens de première nécessité et sentiment d’abandon. À Kayes, Gao ou Mopti, nombre de familles vivent dans la crainte permanente de coupures d’approvisionnement. Cette insécurité économique alimente à son tour la défiance vis-à-vis des autorités, fragilisant davantage le tissu social.

Le Mali se retrouve ainsi dans une équation complexe : rétablir la sécurité, sécuriser les voies commerciales et protéger les populations, tout en maintenant la stabilité politique nécessaire à une sortie de crise durable. L’incident entre Kayes et Bamako rappelle que tant que les groupes armés continueront de contrôler des portions stratégiques du territoire, la paix et le développement resteront des objectifs lointains.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!