
Hakainde Hichilema a prêté serment, mardi 1er septembre à Lusaka, pour un deuxième mandat à la présidence de la Zambie. Son investiture intervient après le scrutin du 13 août, dont le déroulement et la phase de compilation des résultats ont suscité des critiques de plusieurs missions d’observation. Le principal adversaire du président réélu, Brian Mundubile, se trouve par ailleurs détenu après avoir été inculpé de trahison.
La Commission électorale de Zambie a officiellement déclaré Hichilema vainqueur avec 2 965 326 voix, soit environ 60,5 % des suffrages valides, contre 1 856 217 voix, soit 37,9 %, pour Brian Mundubile. Le scrutin n’a donc pas donné lieu à un second tour. Une vérification indépendante menée par le Christian Churches Monitoring Group (CCMG), à partir d’un échantillon de 1 500 bureaux de vote, a également conclu à la victoire de Hichilema, mais avec une estimation de 56 % contre 42,3 % pour Mundubile.
Ces résultats n’ont toutefois pas mis fin aux interrogations sur le processus électoral. La mission d’observation de l’Union européenne a relevé une détérioration de la transparence lors de la compilation des résultats après la suspension temporaire du décompte, le 14 août. Sur les 64 centres de compilation observés, les procédures avaient été jugées « très bonnes » dans 43 % des observations avant cette interruption. Après la reprise, les observateurs ont notamment signalé des difficultés dans l’enregistrement des résultats, des interruptions prolongées et une présence militaire jugée intimidante dans plusieurs centres.
La question de l’accès aux recours judiciaires s’est également posée. Les juridictions ont été fermées le 24 août, date correspondant à la fin du délai de sept jours prévu pour contester une élection présidentielle. Aucun recours n’a finalement été enregistré auprès de la justice dans ce délai, selon les informations rapportées. Cette situation a limité la possibilité d’un examen judiciaire des contestations formulées par l’opposition.
Brian Mundubile, arrivé deuxième, a rejeté les résultats et dénoncé des irrégularités dans la gestion et la compilation des suffrages. Lui et son colistier Makebi Zulu ont ensuite été arrêtés et inculpés de trahison. Les autorités zambiennes n’ont pas rendu publics, dans les informations disponibles, tous les éléments détaillés à l’origine de ces accusations.
La situation intervient dans un pays qui a connu des alternances pacifiques depuis le retour au multipartisme en 1991. Hichilema avait lui-même accédé au pouvoir en 2021 après avoir battu Edgar Lungu, dans une transition saluée à l’époque comme un exemple de changement politique par les urnes.
Le second mandat de Hakainde Hichilema commence ainsi avec une légitimité électorale officiellement établie, mais dans un environnement institutionnel marqué par des contestations et des réserves sur la transparence du processus. Pour la Zambie, l’enjeu des prochaines années sera notamment de préserver la confiance dans les mécanismes électoraux et judiciaires, alors que le pays demeure un acteur économique majeur d’Afrique australe, notamment grâce à ses importantes ressources en cuivre.








