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UA : l’Algérie prend la présidence du Conseil de paix et de sécurité avec un agenda centré sur le Sahel, le Soudan et la coopération avec l’ONU

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À compter du 1er août 2026, l’Algérie assure la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), principal organe continental chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits. Durant ce mandat mensuel, Alger entend concentrer ses travaux sur plusieurs foyers majeurs d’instabilité, notamment le Sahel, le Soudan et le Soudan du Sud, tout en relançant l’initiative « Faire taire les armes » et en renforçant la coopération institutionnelle entre l’Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations unies.

La présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine revient, à partir de ce 1er août, à l’Algérie, qui entend inscrire son mandat sous le signe de la prévention des conflits et du renforcement des mécanismes africains de paix. Créé en 2004 dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), le Conseil de paix et de sécurité constitue l’organe permanent de décision de l’Union africaine en matière de prévention, de gestion et de règlement des crises sur le continent. Il est composé de quinze États membres élus selon une répartition régionale.

L’agenda présenté par Alger reflète les principales préoccupations sécuritaires auxquelles l’Afrique demeure confrontée. Le Sahel figure en tête des priorités. Cette vaste région reste marquée par une dégradation persistante de la situation sécuritaire, alimentée par les activités de groupes armés, les crises politiques et les transitions institutionnelles dans plusieurs États. Selon les données du Centre africain d’études stratégiques, le Sahel concentre depuis plusieurs années la plus forte proportion des décès liés aux violences extrémistes sur le continent, faisant de cette zone l’un des principaux défis sécuritaires mondiaux.

Le conflit au Soudan constitue également un dossier majeur. Depuis le déclenchement des affrontements entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide en avril 2023, les conséquences humanitaires se sont considérablement aggravées. Les Nations unies estiment que plusieurs millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays ou contraintes de fuir vers les États voisins, tandis que les besoins humanitaires continuent de croître. La stabilité du Soudan demeure un enjeu régional majeur, compte tenu de ses répercussions sur la Corne de l’Afrique et l’Afrique centrale.

Le Soudan du Sud figure lui aussi parmi les priorités de la présidence algérienne. Malgré l’accord de paix revitalisé signé en 2018, le plus jeune État du continent reste confronté à des tensions politiques, à des violences localisées et à d’importants défis institutionnels. L’Union africaine suit de près la mise en œuvre des engagements politiques destinés à consolider le processus de paix.

L’Algérie entend également redonner une impulsion à l’initiative continentale « Faire taire les armes », lancée par l’Union africaine dans le cadre de son Agenda 2063. Ce programme vise à réduire durablement les conflits armés, à promouvoir la gouvernance démocratique et à renforcer les capacités africaines de prévention des crises. Si les objectifs initiaux n’ont pas été atteints dans les délais envisagés, cette initiative demeure un cadre stratégique de référence pour les États membres.

Enfin, Alger souhaite approfondir la coopération entre l’Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette coordination apparaît essentielle dans un contexte où plusieurs opérations de maintien de la paix, dispositifs de médiation et réponses humanitaires mobilisent conjointement les deux organisations. L’adoption, en 2023, de la résolution 2719 du Conseil de sécurité de l’ONU, ouvrant la voie à un financement plus prévisible des opérations africaines de soutien à la paix, constitue une avancée importante dans ce partenariat institutionnel.

En assumant la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, l’Algérie prend les commandes d’un agenda particulièrement dense, dominé par plusieurs des crises les plus complexes du continent. Si cette présidence tournante ne modifie pas, à elle seule, les équilibres décisionnels de l’organisation, elle offre néanmoins à Alger l’opportunité d’impulser les débats, de favoriser les initiatives diplomatiques et de contribuer à une meilleure coordination des réponses africaines face aux défis persistants de paix et de sécurité.

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