
Le Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir en Tanzanie, a désigné le ministre de l’Énergie, Deogratius Ndejembi, comme candidat à la vice-présidence. Cette décision intervient après la démission d’Emmanuel John Nchimbi, annoncée moins d’un an après sa prise de fonction. La succession doit désormais suivre la procédure constitutionnelle, avec une confirmation par le Parlement.
La transition à la vice-présidence tanzanienne s’est accélérée en quelques jours. Emmanuel John Nchimbi, entré en fonction en novembre 2025, a annoncé sa démission le 25 août, avec effet au 4 septembre 2026. Le président Samia Suluhu Hassan a accepté son départ. Aucun motif officiel détaillé n’a été communiqué par le gouvernement, mais cette démission est intervenue après des critiques internes au CCM concernant des déclarations de Nchimbi sur la nécessité d’une nouvelle Constitution.
Le lendemain, le comité exécutif national du CCM a désigné Deogratius Ndejembi, actuel ministre de l’Énergie, pour succéder à Nchimbi. Selon la secrétaire générale du parti, Asha-Rose Migiro, la décision a été prise à l’unanimité. Le choix ne vaut toutefois pas encore nomination définitive : le nom du candidat doit être soumis au Parlement, dont l’approbation est requise avant sa prestation de serment.
La Constitution tanzanienne encadre précisément cette succession. Lorsqu’un poste de vice-président devient vacant, le président doit procéder à une nomination qui doit ensuite être confirmée par l’Assemblée nationale. Le texte constitutionnel prévoit également un délai maximal de quatorze jours après la cessation effective des fonctions du précédent titulaire.
Cette recomposition intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Nchimbi a été exclu du CCM à la suite d’une décision du parti invoquant une violation de ses règles disciplinaires et éthiques, sans que celles-ci aient été publiquement précisées dans le détail. Son départ et son exclusion successifs ont donc suscité des interrogations sur les relations au sein de la direction du parti, même si les circonstances exactes de la rupture ne sont pas officiellement établies.
Le contexte électoral de 2025 constitue également un élément important de l’environnement politique actuel. La commission d’enquête mise en place par les autorités a établi qu’au moins 518 personnes avaient été tuées dans les violences liées aux élections d’octobre 2025. La commission a attribué la responsabilité principale des violences aux manifestants, une conclusion contestée par l’opposition, tandis que les autorités ont rejeté les accusations d’usage excessif de la force par les forces de sécurité.
Pour Deogratius Ndejembi, l’enjeu immédiat est désormais institutionnel : obtenir la confirmation parlementaire et assurer la continuité de l’exécutif. Pour le CCM et la présidence de Samia Suluhu Hassan, cette succession intervient dans une période où les équilibres internes du pouvoir et la question des réformes politiques restent au centre du débat national.
La désignation de Ndejembi ouvre ainsi une nouvelle étape institutionnelle en Tanzanie. Elle ne constitue pas encore une nomination définitive, puisque le Parlement doit se prononcer. Les prochaines semaines permettront surtout de mesurer la portée politique de cette transition et ses éventuelles conséquences sur le fonctionnement du pouvoir tanzanien.












