
Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau des services sur un nouveau programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. L’accord, destiné à accompagner les réformes économiques et financières de Dakar, reste soumis à l’approbation des instances dirigeantes du Fonds. Il intervient dans un contexte marqué par une forte révision de la dette publique et la recherche d’un traitement permettant d’en restaurer la soutenabilité.
Après plusieurs semaines de discussions, les services du FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus, le 1er septembre 2026, à un accord susceptible de soutenir un nouveau programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Le montant annoncé atteint environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), pour une durée de 36 mois couvrant la période 2026-2029. Le dossier doit encore recevoir l’approbation de la direction du FMI et de son Conseil d’administration.
Le nouveau programme intervient après la découverte de données financières qui avaient conduit à une révision substantielle des comptes publics sénégalais. Selon le FMI, la dette de l’administration centrale avait notamment été réévaluée de 74,4 % à 111 % du PIB à fin 2023, après l’intégration d’engagements auparavant non déclarés. À fin 2024, la dette du secteur public est estimée à 132 % du PIB. Les données de l’Union économique et monétaire ouest-africaine indiquent pour leur part un ratio de 130,2 % du PIB en 2025.
Pour obtenir le soutien du Fonds, Dakar devra mettre en œuvre des mesures correctrices liées au dossier de communication d’informations erronées et renforcer les mécanismes de transparence budgétaire. Le programme prévoit également une amélioration de la gestion de la dette, un meilleur suivi des arriérés intérieurs et un renforcement de la surveillance des entreprises publiques. Les autorités ont, en outre, annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de restaurer sa soutenabilité.
Le FMI indique parallèlement que l’économie sénégalaise a progressé de 6,7 % en 2025, portée notamment par l’entrée dans sa première année complète de production pétrolière. Hors hydrocarbures, la croissance a toutefois été limitée à 2,2 %. Au premier trimestre 2026, elle a rebondi à 4,7 % en glissement annuel, selon les services du Fonds.
L’enjeu dépasse donc le seul financement recherché par Dakar. La restructuration envisagée s’inscrit dans le cadre renforcé du G20 destiné à traiter les situations de dette insoutenable. Le cas sénégalais sera particulièrement observé en Afrique, alors que plusieurs économies restent confrontées à l’augmentation du coût du service de la dette et à un accès plus contraint aux financements internationaux. La réussite de ce processus dépendra toutefois de l’approbation du programme, des mesures correctrices attendues et des assurances de financement des partenaires du Sénégal.








