Home AFRIQUE RDC : Kinshasa s’apprête à accueillir plus de 30 migrants expulsés par les...

RDC : Kinshasa s’apprête à accueillir plus de 30 migrants expulsés par les USA dans le cadre d’un accord controversé

photo d'illustration

La République démocratique du Congo (RDC) doit recevoir cette semaine un premier groupe de plus de 30 migrants expulsés des États-Unis, selon plusieurs sources concordantes. Cette opération s’inscrit dans une stratégie américaine plus large visant à externaliser les expulsions vers des pays tiers, notamment africains. Elle soulève déjà des interrogations sur ses implications politiques, juridiques et humanitaires.

Selon des informations rapportées par Reuters, entre 37 et 45 personnes pourraient être transférées vers Kinshasa dans les prochains jours, constituant ainsi le premier contingent dans le cadre de cet accord bilatéral conclu début avril 2026. Ces migrants ne sont pas de nationalité congolaise : ils proviendraient principalement d’Amérique latine, notamment de pays comme la Colombie, le Pérou, le Chili ou encore le Guatemala.

Ce dispositif repose sur un accord formalisé entre Washington et Kinshasa, dans lequel la RDC accepte d’accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés du territoire américain. Le gouvernement congolais a précisé que l’opération serait entièrement financée par les États-Unis, excluant toute charge budgétaire nationale. Des infrastructures d’accueil temporaires ont été mises en place dans la capitale, où les migrants devraient être hébergés pendant une période initiale de 10 à 15 jours, sous surveillance sécuritaire.

Cette initiative s’inscrit dans une politique migratoire plus large impulsée par l’administration américaine, visant à accélérer les expulsions en s’appuyant sur des accords avec des États tiers. Plusieurs pays africains, dont le Ghana, le Cameroun ou encore l’Eswatini, ont déjà été sollicités dans ce cadre. Selon certaines estimations, Washington aurait mobilisé plus de 40 millions de dollars pour financer ces opérations au cours de l’année écoulée.

Au-delà de l’aspect migratoire, cet accord s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Il intervient notamment dans un moment de rapprochement diplomatique entre les deux pays, marqué par des discussions sur l’accès américain aux minerais stratégiques congolais (cobalt, lithium, cuivre) et par l’implication de Washington dans les efforts de stabilisation dans l’est de la RDC, en proie aux violences du groupe armé M23.

Cependant, cette politique suscite des critiques croissantes. Des organisations de défense des droits humains et des experts juridiques dénoncent une pratique qui pourrait contrevenir au principe de non-refoulement, pilier du droit international des réfugiés. L’absence de clarté sur le devenir des migrants après leur séjour temporaire à Kinshasa alimente également les inquiétudes.

En définitive, si cet accord illustre le renforcement des relations stratégiques entre Kinshasa et Washington, il met en lumière les tensions entre impératifs sécuritaires, intérêts géopolitiques et respect des droits fondamentaux. Pour la RDC, l’enjeu sera désormais de concilier coopération internationale et souveraineté, tout en évitant de devenir une plateforme durable de gestion externalisée des flux migratoires.


Abonnement à la newsletter
Abonnez-vous à notre newsletter et recevez nos informations premium depuis votre boîte mail.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here
Captcha verification failed!
CAPTCHA user score failed. Please contact us!