Home AFRIQUE Ouganda : arrestations massives après une présidentielle contestée remportée par Museveni

Ouganda : arrestations massives après une présidentielle contestée remportée par Museveni

Muhuzi Kainerugaba, fils aîné du président ougandais Yoweri Museveni, commandant des forces terrestres.


En Ouganda, les autorités ont procédé à l’arrestation de près de 2 000 partisans de l’opposition et auraient tué 30 personnes à la suite de l’élection présidentielle récemment organisée, selon une déclaration du lieutenant-général Muhoozi Kainerugaba, fils du président sortant Yoweri Museveni et commandant des forces terrestres de l’armée ougandaise. Cette annonce, faite vendredi, intervient dans un climat de fortes tensions politiques après un scrutin dont les résultats sont vivement contestés par l’opposition.

D’après Muhoozi Kainerugaba, les forces de sécurité sont également « à la recherche d’autres personnes » soupçonnées d’avoir participé à des troubles postélectoraux. Il a justifié ces opérations par la nécessité de préserver l’ordre public et la stabilité nationale. « Ceux qui veulent semer le chaos seront arrêtés. L’État ne tolérera aucune tentative de déstabilisation », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux, sans fournir de détails précis sur les circonstances des décès signalés.

La Commission électorale a proclamé la victoire de Yoweri Museveni, 80 ans, avec une majorité confortable, lui permettant de briguer un septième mandat à la tête du pays qu’il dirige depuis 1986. L’opposition, emmenée notamment par Bobi Wine, a rejeté ces résultats, dénonçant des fraudes massives, des intimidations et des restrictions à la liberté de réunion et d’expression pendant la campagne.

Dans plusieurs quartiers de Kampala et dans des villes de l’intérieur du pays, des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de sécurité. Des témoins évoquent l’usage de gaz lacrymogènes et de balles réelles pour disperser des rassemblements. Les autorités, pour leur part, accusent certains groupes d’avoir orchestré des violences et des pillages.

Les déclarations du fils du président, figure influente au sein de l’appareil sécuritaire, ont suscité de vives réactions. Des organisations de défense des droits humains appellent à une enquête indépendante sur les décès rapportés et sur les conditions de détention des personnes arrêtées. « Les autorités doivent respecter l’État de droit et garantir que toute arrestation se fasse dans le strict cadre de la loi », a indiqué une ONG locale dans un communiqué.

Sur le plan international, plusieurs partenaires de l’Ouganda ont exprimé leur préoccupation. Des diplomates occidentaux ont appelé à la retenue et au dialogue politique, tout en exhortant le gouvernement à garantir les libertés fondamentales et à autoriser un recours juridique transparent contre les résultats électoraux.

Alors que le président Museveni se prépare à entamer un nouveau mandat, le pays demeure sous tension. L’évolution de la situation sécuritaire et la réponse des institutions judiciaires aux contestations de l’opposition seront déterminantes pour la stabilité politique de l’Ouganda dans les semaines à venir.


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