
Une nouvelle attaque meurtrière attribuée à des groupes armés qualifiés de terroristes a endeuillé l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria. Selon des sources locales et sécuritaires, au moins six personnes ont été tuées et environ cent autres enlevées lors d’un raid mené vendredi par des hommes lourdement armés dans la localité de Kairu.
L’assaut s’est produit vendredi 18 juillet et aux environs de 10 h 40 heure locale. Des témoins rapportent que des hommes à moto ont envahi le localité de Kairu dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria « Ils ont encerclé le village, tirant des coups de feu en l’air pour semer la panique. Beaucoup d’entre nous se sont enfuis dans la brousse », a témoigné un habitant. Il a ajouté que plusieurs maisons ont été incendiées et que les assaillants ont pillé des vivres, de l’argent et du bétail.
Parmi les six personnes tuées figurent trois hommes adultes, deux femmes et un adolescent, d’après le chef d’un groupe de vigilance locale. Les corps ont été retrouvés aux abords des villages, certains criblés de balles. Le bilan humain pourrait s’alourdir, certaines personnes étant toujours portées disparues.
Environ cent villageois ont été enlevés au cours de l’attaque, principalement des femmes et des enfants. Les ravisseurs ont conduit les otages vers une forêt dense bordant la région, une zone difficile d’accès qui sert souvent de repaire à ces groupes criminels. Les familles des victimes attendent désormais d’éventuelles demandes de rançon, une pratique tristement fréquente dans cette région en proie à l’insécurité.
Les autorités de l’État de Zamfara n’ont pas encore réagi officiellement, mais des sources sécuritaires indiquent que des opérations de recherche ont été lancées, avec le soutien de groupes d’autodéfense communautaires. Toutefois, les moyens de sécurité déployés dans cette région rurale restent largement insuffisants face à la mobilité et à l’armement des groupes armés.
Depuis plusieurs années, l’État de Zamfara est confronté à une montée de la violence liée à des bandes criminelles organisées, communément appelées « bandits ». Ces groupes, motivés par le gain financier, multiplient les enlèvements contre rançon, les pillages et les attaques contre des villages isolés. Bien qu’ils soient parfois désignés comme des « bandits », le gouvernement nigérian les a officiellement classés comme terroristes en 2022, en raison de la gravité de leurs actions.
La multiplication des attaques dans le nord-ouest du Nigeria continue d’alimenter les inquiétudes sur la capacité des autorités à garantir la sécurité dans les zones rurales. De nombreux habitants de Zamfara et des États voisins ont fui leurs villages pour se réfugier dans des camps de déplacés, aggravant la crise humanitaire déjà présente dans la région.
Alors que les populations locales réclament une présence accrue de l’État, les observateurs soulignent que les réponses sécuritaires seules ne suffisent pas à endiguer ce phénomène. Ils plaident pour une approche plus globale incluant le développement rural, la justice sociale et la réinsertion des jeunes dans des circuits économiques licites.
En attendant, les familles endeuillées et les proches des personnes enlevées vivent dans l’angoisse, espérant un retour rapide de leurs êtres chers.










