
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a obtenu, samedi, l’investiture écrasante de son parti en vue de l’élection présidentielle prévue en 2027. Le chef de l’État, arrivé au pouvoir en 2023, représentera le All Progressives Congress (APC) pour un second et dernier mandat de quatre ans, conformément à la Constitution nigériane.
Cette victoire interne intervient dans un contexte marqué par des réformes économiques controversées, mais également saluées par une partie des investisseurs internationaux et des institutions financières. Elle intervient aussi alors que l’opposition nigériane peine à construire un front commun capable de concurrencer efficacement le pouvoir en place.
Réuni samedi pour ses primaires présidentielles, le parti au pouvoir a largement renouvelé sa confiance à Bola Tinubu. Selon les résultats officiels publiés dimanche, le président nigérian a obtenu près de 11 millions de voix, contre seulement 16 500 suffrages pour son unique challenger, Stanley Osifo, candidat peu connu de la scène politique nationale.
Ce score massif conforte l’autorité politique du président au sein de l’APC et réduit, à ce stade, les risques de contestation interne. Âgé de 74 ans, Tinubu demeure l’une des figures les plus influentes de la vie politique nigériane, après avoir notamment été gouverneur de Lagos et stratège central de plusieurs coalitions électorales depuis plus d’une décennie.
Depuis son accession au pouvoir en mai 2023, Bola Tinubu a engagé plusieurs réformes économiques majeures visant à restructurer la première économie d’Afrique. Son gouvernement a notamment supprimé les subventions sur les carburants, réformé les tarifs de l’électricité, mis fin à plusieurs mécanismes de contrôle des changes et lancé une refonte du système fiscal.
Ces mesures ont été favorablement accueillies par plusieurs investisseurs étrangers, qui y voient une volonté de modernisation de l’économie nigériane et une tentative de réduction des déséquilibres budgétaires. Le Nigeria, pays de plus de 220 millions d’habitants, demeure confronté à une forte inflation, à la dépréciation du naira ainsi qu’à un chômage élevé, particulièrement chez les jeunes.
La suppression des subventions sur le carburant, longtemps considérée comme politiquement risquée, a cependant entraîné une hausse significative du coût de la vie et alimenté des critiques de syndicats et d’organisations de la société civile.
Les perspectives de réélection de Tinubu semblent également renforcées par les difficultés de l’opposition. Plus tôt ce mois-ci, un projet d’alliance entre plusieurs formations opposées au pouvoir a échoué, réduisant les chances de voir émerger un candidat unique capable de fédérer les électeurs contre l’APC.
Lors de la présidentielle de 2023, Bola Tinubu avait remporté le scrutin face à ses deux principaux rivaux, qui avaient contesté les résultats devant les juridictions compétentes en dénonçant des irrégularités électorales. Les recours avaient finalement été rejetés par les tribunaux, tandis que le président avait toujours défendu la légitimité de sa victoire.
À près de deux ans du prochain scrutin présidentiel, cette investiture massive confirme que Bola Tinubu conserve, pour l’instant, une position dominante dans le paysage politique nigérian.












