
Le centre du Mali a de nouveau été frappé par une série d’attaques meurtrières attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Selon des sources locales relayées par Radio France Internationale, plusieurs villages situés dans la région de Bandiagara ont été visés simultanément, provoquant la mort d’une vingtaine de personnes. Les violences ont également entraîné des déplacements de populations, dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité persistante et les tensions communautaires.
Les attaques ont visé cinq localités : Logo, Soulakanda, Dimbal, Ogossagou et Kouroundé, toutes situées dans le centre du Mali, une région confrontée depuis plusieurs années à l’expansion des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation État islamique. D’après des témoignages recueillis sur place, les assaillants, identifiés comme des combattants du JNIM, ont mené des offensives coordonnées contre ces villages dans la même séquence temporelle.
Le bilan provisoire fait état d’environ vingt morts. Parmi les victimes figureraient des chasseurs traditionnels Dozo, souvent mobilisés dans des mécanismes d’autodéfense communautaire, ainsi que plusieurs civils. Des habitations auraient également été abandonnées dans la précipitation, de nombreux habitants ayant fui les localités ciblées par crainte de nouvelles incursions armées.
Cette nouvelle flambée de violences intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé au Mali. Selon les données du projet ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), le pays figure parmi les États africains les plus touchés par les violences armées liées aux groupes extrémistes. Depuis 2012, les conflits ont causé des milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 400 000 personnes à l’intérieur du pays, selon les estimations humanitaires internationales.
Au-delà du bilan humain, ces attaques ravivent les critiques récurrentes adressées aux autorités sécuritaires maliennes. Des sources locales citées par plusieurs médias ont dénoncé l’absence d’intervention militaire pendant les assauts. Dans certaines zones rurales du centre du pays, les populations reprochent régulièrement aux forces de sécurité de ne pas pouvoir assurer une présence permanente face aux groupes armés.
Le cercle de Bandiagara demeure l’un des foyers de tension les plus sensibles du Mali central. Les violences y mêlent enjeux sécuritaires, rivalités communautaires et luttes pour le contrôle territorial. Malgré les opérations militaires conduites ces dernières années par les autorités maliennes et leurs partenaires sécuritaires russes, les groupes jihadistes continuent d’étendre leur capacité de nuisance dans plusieurs régions.
Les attaques contre des villages civils traduisent également l’évolution des stratégies des groupes armés, qui ciblent désormais des localités isolées afin d’exercer une pression psychologique sur les populations et d’affaiblir les réseaux d’autodéfense locaux.
Cette nouvelle série d’attaques près de Bandiagara illustre les difficultés persistantes du Mali à stabiliser durablement son territoire central. Alors que les habitants dénoncent un sentiment d’abandon sécuritaire, la multiplication des violences continue d’alimenter les déplacements de populations et la fragilité humanitaire dans plusieurs régions du pays. La situation reste suivie avec attention par les acteurs régionaux et internationaux engagés dans la lutte contre l’insécurité au Sahel.












