
Un tribunal malien a rejeté, mardi, un appel interjeté par les avocats de quatre employés de la société minière Barrick Gold, actuellement en détention provisoire dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours. La décision prolonge ainsi la détention des intéressés, au grand dam de leurs avocats et de la compagnie minière canadienne, présente de longue date au Mali.
Les quatre employés du minier Barrick Gold, accusés de « blanchiment d’argent et de violation d’autres réglementations« , avaient été arrêtés en novembre dernier. Selon des sources judiciaires, leur placement en détention a été décidé à la suite d’une série d’auditions menées par le parquet de Bamako, en lien avec des soupçons de non-respect de certaines obligations réglementaires.
La défense avait immédiatement fait appel, arguant d’un manque de fondement juridique et d’une détention qu’elle qualifie d’« arbitraire ». Cependant, dans sa décision rendue mardi, la Cour a estimé que les éléments avancés par la partie appelante ne suffisaient pas à justifier une mise en liberté, évoquant « des impératifs liés à la manifestation de la vérité et à la préservation du bon déroulement de l’enquête ».
La société Barrick Gold, l’un des plus grands producteurs d’or au monde, a exprimé sa « profonde préoccupation » dans un communiqué publié à Toronto. L’entreprise canadienne affirme coopérer pleinement avec les autorités maliennes et espère une résolution rapide de l’affaire. « Nous avons confiance dans le système judiciaire malien et dans sa capacité à garantir une procédure équitable à nos collaborateurs », a déclaré un porte-parole du groupe.
Présente au Mali à travers la mine de Loulo-Gounkoto, Barrick Gold qui détient jusqu’à 80 % de ce complexe minier contre 20% seulement pour l’Etat, joue un rôle économique majeur dans le secteur extractif malien, qui représente une part importante des recettes d’exportation du pays. Ce différend judiciaire survient dans un contexte de tensions croissantes entre certaines entreprises étrangères et les autorités de transition, engagées dans une politique de souveraineté économique renforcée.
Pour l’heure, aucune date n’a été communiquée quant à une éventuelle audience sur le fond du dossier. Les avocats des employés détenus ont annoncé leur intention de poursuivre les voies de recours disponibles.
Cette affaire, bien que circonscrite, est suivie de près par les observateurs du secteur minier, inquiets de ses répercussions potentielles sur le climat des affaires au Mali, déjà fragilisé par une conjoncture politique et sécuritaire instable.











