
La situation sécuritaire continue de se détériorer à la frontière entre le Mali et la Guinée, marquée par deux nouvelles attaques attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), bien que celles-ci n’aient pas encore été officiellement revendiquées. Les faits, survenus à quelques jours d’intervalle, suscitent une vive inquiétude parmi les populations locales et les autorités des deux pays.
La première attaque a été signalée le 2 janvier près de Denso, à environ deux kilomètres de la frontière guinéenne. Selon des sources sécuritaires locales, des hommes armés ont pris pour cible un site minier de la zone. L’intervention rapide des forces de sécurité locales aurait permis de repousser l’assaut, limitant ainsi les dégâts matériels et humains. Aucun bilan officiel n’a, pour l’heure, été communiqué. Cette tentative d’attaque confirme toutefois l’intérêt croissant des groupes armés pour les sites économiques jugés stratégiques, notamment dans les zones frontalières faiblement contrôlées.
La seconde attaque, survenue le lendemain à Filamana, localité située à environ 17 kilomètres de la frontière, a été plus destructrice. Des individus présentés comme appartenant au JNIM ont saccagé du matériel de construction avant de détruire le bureau de douane, symbole de la présence de l’État. Selon plusieurs témoignages concordants, les assaillants auraient ensuite tenu une réunion dans la mosquée du village avant de se retirer sans affrontements signalés avec les forces de sécurité.

Ces deux attaques, rapprochées dans le temps et l’espace, semblent s’inscrire dans une dynamique plus large d’expansion territoriale des groupes armés actifs au Mali. Les zones frontalières avec la Guinée, jusqu’ici relativement épargnées par les violences jihadistes, apparaissent de plus en plus comme de nouveaux théâtres d’opérations. Des analystes sécuritaires estiment que cette stratégie viserait à ouvrir une nouvelle zone d’influence, tout en dispersant les forces armées maliennes déjà fortement sollicitées sur plusieurs fronts.
Du côté des autorités locales, des mesures de renforcement sécuritaire seraient à l’étude, notamment une intensification des patrouilles et une coopération accrue entre les forces maliennes et guinéennes. Toutefois, sur le terrain, les populations expriment leur crainte face à la récurrence des attaques et à la vulnérabilité des infrastructures civiles.
Dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante, ces événements rappellent les défis sécuritaires majeurs auxquels sont confrontés les États du Sahel et leurs voisins. La situation à la frontière maliano-guinéenne sera suivie de près dans les jours à venir, alors que les autorités tentent d’éviter une extension durable de l’insécurité vers de nouvelles zones.









