
Quatre ressortissants marocains enlevés il y a plusieurs mois dans la région sahélienne ont été libérés cette semaine par les forces armées maliennes, après des négociations complexes avec des éléments affiliés à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Les ex-otages ont été officiellement reçus mardi par le chef de la transition malienne, le général Assimi Goïta, lors d’une cérémonie sobre au palais présidentiel de Koulouba.
Les quatre ressortissants marocains, identifiés comme des chauffeurs routiers, opéraient dans une zone frontalière entre le Mali et le Niger. Ils avaient été capturés au nord-est du Burkina Faso, près de la frontière avec le Niger, fin 2024 alors qu’ils transportaient, sans escorte militaire, des équipements destinés à la Société nigérienne d’électricité (Nigelec).
Leur enlèvement avait été revendiqué en début d’année par l’EIGS, dans un communiqué diffusé sur des canaux jihadistes. Depuis, les autorités maliennes, en coordination avec des services partenaires, avaient engagé des démarches discrètes pour leur libération.
Selon des sources sécuritaires maliennes, les otages ont été retrouvés sains et saufs dans le nord de la région de Ménaka, après une opération conjointe de renseignement et de médiation locale impliquant plusieurs notables du cercle d’Ansongo. Les conditions exactes de leur libération n’ont pas été révélées, mais Bamako affirme qu’aucune rançon n’a été versée.
« Leur retour s’inscrit dans la volonté de l’État malien de protéger tous les ressortissants étrangers présents sur son territoire et de lutter avec fermeté contre les groupes terroristes », a déclaré Assimi Goïta lors de leur accueil. Le président de la transition a également salué la coopération entre le Mali et le Maroc, tout en soulignant l’engagement des autorités à « restaurer la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire ».
Les ex-otages, visiblement éprouvés mais en bonne santé, ont exprimé leur gratitude envers les autorités maliennes et ont salué les efforts de tous ceux qui ont œuvré à leur libération. « Nous avons vécu des moments très difficiles, mais nous n’avons jamais perdu espoir », a déclaré l’un d’eux, lors d’une brève intervention face à la presse.
Rabat n’a pas encore réagi officiellement, mais selon des sources diplomatiques, un avion spécial aurait été dépêché à Bamako pour rapatrier dare-dare les quatre hommes dans les prochaines heures.
Cette libération intervient dans un contexte sécuritaire toujours instable dans le Sahel, où les groupes jihadistes continuent de sévir malgré les opérations militaires en cours. Pour les autorités maliennes, ce dénouement heureux représente un signal fort de leur capacité à faire face aux défis sécuritaires.









