Home AFRIQUE Mali : les mercenaires russes, à la peine

Mali : les mercenaires russes, à la peine

photo d'illustration

Depuis juin dernier, l’arrivée de l’« Africa Corps », le nouveau dispositif russe déployé pour appuyer les autorités maliennes, devait marquer un tournant dans la lutte contre les groupes armés. Mais trois mois après son installation, le bilan semble loin des attentes : plus d’une vingtaine d’attaques ciblant ces combattants ont été recensées et, selon une source diplomatique, au moins 70 d’entre eux auraient perdu la vie.

L’implantation du contingent russe avait pour ambition de combler le vide laissé par le départ progressif des forces occidentales, notamment françaises. Or, les revers militaires enregistrés révèlent les limites de cette stratégie. Dans plusieurs localités, les opérations conjointes avec l’armée malienne n’ont pas permis de contenir la poussée des jihadistes. La ville de Farabougou, symbole de la résistance locale, est aujourd’hui citée comme l’un des points tombés sous l’influence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).

Affilié à Al-Qaïda, le JNIM multiplie les offensives victorieuses au Mali et plus largement dans le Sahel. Ses capacités de projection, son enracinement dans certaines communautés et sa maîtrise du terrain lui confèrent une résilience particulière. En face, les forces maliennes, même épaulées par leurs partenaires russes, peinent à inverser la dynamique. Cette succession de succès jihadistes renforce l’image d’un mouvement en pleine ascension, capable de défier des acteurs militaires puissants et expérimentés.

La situation malienne illustre plus largement l’impasse sécuritaire dans le Sahel. Les initiatives internationales, qu’elles soient africaines, européennes ou aujourd’hui russes, peinent à juguler la menace. L’insécurité s’enracine et gagne du terrain, nourrissant les déplacements de populations, la crise humanitaire et la fragilisation des États de la région.

Pour les autorités maliennes, ces revers posent un dilemme stratégique : comment maintenir la coopération avec la Russie tout en obtenant des résultats tangibles sur le terrain ? De son côté, Moscou voit son image de puissance militaire remise en cause, alors même qu’elle cherche à accroître son influence en Afrique.

Entre ambitions géopolitiques et réalités du terrain, le Sahel demeure un espace où s’exprime la complexité des guerres asymétriques. Le cas du Mali rappelle que la supériorité technologique ou l’arrivée de nouveaux alliés ne suffisent pas à enrayer une insurrection enracinée dans les dynamiques locales.

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