
Le porte-parole du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), al-Bambari alias Bina Diarra, a lancé mardi 18 novembre un nouvel avertissement à l’endroit des populations du sud du Mali, en particulier celles de la région de Sikasso. Dans une déclaration rendue publique sur des canaux de communication proches du mouvement, il a exhorté les habitants à ne pas rejoindre les milices d’autodéfense, notamment les Dozo, sous peine de représailles collectives.
Le responsable du JNIM a affirmé que toute communauté soupçonnée de collaborer avec ces groupes serait tenue pour responsable et exposée à des sanctions sévères, parmi lesquelles l’incendie de villages. « Ceux qui souhaitent combattre doivent choisir un camp clair : l’armée malienne ou le JNIM », a-t-il martelé, réitérant ainsi la position de l’organisation quant à la neutralité impossible des civils dans le conflit en cours.
Cette menace intervient dans un contexte sécuritaire tendu dans le sud du pays, longtemps épargné par les violences qui frappent le centre et le nord. Ces derniers mois, plusieurs localités de la région de Sikasso ont signalé la présence d’éléments armés et une recrudescence d’attaques contre des positions des forces maliennes et de groupes communautaires. Les milices Dozo, issues de la tradition des chasseurs mandingues, ont renforcé leur présence dans certaines zones rurales pour faire face aux incursions jihadistes, suscitant parfois la méfiance du JNIM.
Selon des observateurs locaux, cette nouvelle sortie du porte-parole du mouvement vise à intimider les populations rurales afin de limiter leur collaboration avec les forces de défense maliennes. Les analystes estiment que le JNIM cherche à étendre son influence vers le sud, après avoir consolidé ses positions dans le centre et le nord du Mali, profitant du vide sécuritaire laissé par le retrait progressif des forces étrangères.
Les autorités maliennes n’ont pas officiellement réagi à cette déclaration, mais des sources sécuritaires affirment que des mesures de vigilance supplémentaires ont été ordonnées dans la région de Sikasso. Des patrouilles conjointes entre l’armée et les chasseurs Dozo ont également été signalées dans certaines zones sensibles.
Alors que la population vit dans la crainte d’éventuelles représailles, l’appel du JNIM illustre une fois de plus la complexité du conflit malien, où les lignes entre défense communautaire, lutte antiterroriste et menaces d’insurrection restent de plus en plus floues.












