
Dans une déclaration officielle en date du 02 mai, le Corps africain de la Fédération de Russie met en cause certains médias français, accusés d’entretenir des liens opérationnels avec des groupes rebelles et jihadistes actifs dans le nord du Mali. Ces allégations interviennent après la récente prise de Tessalit par une coalition armée JNIM/FLA. Aucune preuve indépendante n’a, à ce stade, permis de corroborer ces affirmations, qui s’inscrivent dans un contexte informationnel particulièrement polarisé.
Selon ce communiqué attribué aux combattants russes déployés au Mali, des journalistes français auraient accédé à la localité de Tessalit, seulement peu après sa capture par des éléments du Front de Libération de l’Azawad (FLA), en coordination avec des combattants affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Les auteurs de la déclaration évoquent une arrivée rapide des équipes de presse depuis le territoire algérien, visiblement, sans autorisation officielle de franchissement de frontière, et décrivent des conditions d’accès jugées inhabituelles dans une zone active de conflit.
Toujours selon cette source, les reporters auraient circulé librement dans certaines installations militaires et interviewer des commandants de terrain. Le Corps africain de la fédération de Russie y voit un indice de « connivence » avéré et suggère une forme de coordination entre les groupes armés opérant dans la zone de conflit et des acteurs médiatiques étrangers, notamment français. Ces accusations ne sont pas étayées par des éléments matériels rendus publics, tels que des enregistrements, des documents logistiques ou des confirmations indépendantes.
Dans les zones sahéliennes de plus en plus en proie à l’insécurité, l’accès des journalistes reste généralement fortement restreint. Les déplacements vers des localités comme Tessalit, située dans la région de Kidal, à proximité de la frontière algérienne, impliquent en principe des dispositifs sécuritaires lourds.
Depuis 2012, le nord du Mali est le théâtre d’affrontements impliquant forces armées nationales, groupes séparatistes et organisations jihadistes. Selon des estimations de l’ONU, plus de 8 000 civils ont été tués dans des violences liées aux conflits au Mali entre 2020 et 2025, tandis que près de 400 000 personnes sont déplacées internes.
Les accusations formulées par le Corps africain interviennent dans un contexte de rivalités narratives entre acteurs internationaux présents ou impliqués indirectement dans la crise malienne. La France, dont les opérations militaires au Sahel ont officiellement pris fin en 2022, reste régulièrement citée dans les discours critiques émanant de partenaires sécuritaires actuels de Bamako.
De leur côté, plusieurs médias internationaux ont documenté les contraintes et risques liés à la couverture de zones contrôlées par des groupes armés, où les conditions d’accès peuvent dépendre d’autorisations informelles ou d’arrangements locaux.
Aucune réaction officielle des médias français concernés n’a été enregistrée au moment de la mise en ligne de cet article. Les autorités algériennes, également mentionnées indirectement dans ces accusations, ne se sont pas exprimées publiquement sur ces allégations de transit irrégulier.
En l’absence de vérifications indépendantes, ces déclarations doivent être considérées avec prudence. Elles illustrent néanmoins la dimension informationnelle croissante du conflit malien, où les récits concurrents participent à structurer la perception internationale des événements sur le terrain.










