Home AFRIQUE Mali : l’armée neutralise un commandant de l’État islamique dans le Grand...

Mali : l’armée neutralise un commandant de l’État islamique dans le Grand Sahel

photo d'illustration

L’armée malienne a annoncé, ce jeudi, la neutralisation d’un haut responsable de l’État islamique dans le Grand Sahel (EIGS), lors d’une opération menée dans le nord-est du pays. Cette action marque un nouveau tournant dans la lutte engagée par Bamako contre les groupes jihadistes actifs dans la région des trois frontières.

Selon un communiqué publié par l’état-major général des armées, l’opération s’est déroulée dans la nuit du 5 au 6 août entre Gao et Amasrakad une zone désertique souvent théâtre d’affrontements entre forces armées et groupes armés terroristes. Le raid, mené avec le soutien de renseignements fournis en amont par les services de sécurité maliens, a permis de neutraliser Alhousseyni Ag HHamaya, « un chef terroriste de premier plan », dont l’identité a été confirmée peu après, par la nébuleuse jihadiste dans le sahel.

D’après une source sécuritaire locale, l’individu visé serait un commandant régional influent de l’EIGS, actif dans la région de Gao depuis plusieurs années. Il aurait coordonné plusieurs attaques contre des positions de l’armée malienne ainsi que des exactions contre des populations civiles touarègues et peules, dans une zone régulièrement secouée par des conflits communautaires et des affrontements intergroupes armés.

« Sa neutralisation est un coup dur pour l’organisation jihadiste, dont les capacités de nuisance ont été récemment affaiblies par une série d’opérations ciblées », a confié un officier malien sous couvert d’anonymat.

Depuis la fin de la coopération militaire avec la France en 2022 et l’arrivée des mercenaires du groupe récemment mué sous l’appellation d’Africa Corps,  les Forces armées maliennes (FAMa) mènent une série d’opérations baptisées « Maliko » et « Kélétigui », avec pour objectif de reconquérir les territoires sous influence jihadiste. L’armée affirme que ces campagnes ont permis de « reprendre le contrôle de plusieurs localités » et de « désorganiser les chaînes logistiques » des groupes armés terroristes, notamment dans les régions de Gao, Ménaka et Tombouctou.

Mais malgré ces succès annoncés, les attaques contre les civils et les embuscades meurtrières contre les forces de sécurité restent fréquentes, illustrant la complexité du théâtre sahélien où l’EIGS et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à al-Qaïda) se disputent le contrôle de vastes zones.

Le ministère de la Défense a salué « le professionnalisme et la détermination » des troupes engagées sur le terrain, tout en appelant à la « vigilance et la coopération des populations locales ». Le gouvernement de transition continue de revendiquer une stratégie de « souveraineté sécuritaire », soutenue par des partenariats militaires avec d’autres puissances que les alliés traditionnels occidentaux, dont la Russie.

Reste à savoir si ces offensives ciblées contre les cadres jihadistes permettront à terme de stabiliser durablement une région où les groupes armés profitent des failles de l’État et des rivalités communautaires pour se maintenir.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here
Captcha verification failed!
CAPTCHA user score failed. Please contact us!