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Mali : la coopération entre le FLA et le JNIM devient un défi pour Bamako

photo d'illustration

Le conflit malien connaît une nouvelle évolution stratégique avec le rapprochement opérationnel entre le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Longtemps opposés sur les plans politique et idéologique, les deux mouvements coordonnent désormais certaines actions militaires contre les forces gouvernementales maliennes, redessinant les équilibres sécuritaires dans le pays.

Dans une analyse récente, le quotidien français Le Monde estime que cette coopération constitue l’un des principaux défis auxquels est confrontée la junte militaire au pouvoir à Bamako. Selon le journal, les deux groupes, qui se sont affrontés depuis 2012 en raison de visions différentes sur l’avenir politique du nord du Mali, seraient passés à une forme d’« alliance opérationnelle », dictée davantage par les réalités militaires du terrain que par une convergence idéologique.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par une intensification des opérations de l’armée malienne, appuyée par ses partenaires russes, notamment les forces de Africa Corps. La pression exercée sur les différents groupes armés aurait contribué à rapprocher temporairement des acteurs qui, pendant plusieurs années, se considéraient comme des adversaires.

Le quotidien français souligne que les attaques coordonnées menées les 25 avril et 4 juillet illustrent un niveau inédit de coopération entre les deux organisations, aussi bien dans la préparation des opérations que dans la répartition des zones d’action. Le FLA concentre principalement ses activités dans les régions septentrionales du Mali, notamment dans l’espace historique de l’Azawad, tandis que le JNIM poursuit ses opérations dans le centre du pays et à proximité des zones méridionales.

Cette stratégie contraint les forces armées maliennes à répartir davantage leurs ressources sur plusieurs fronts. Dans un pays vaste comme le Mali, qui couvre environ 1,24 million de kilomètres carrés, l’ouverture simultanée de différents théâtres d’opérations représente un défi logistique et militaire important pour les autorités.

Toutefois, cette coopération ne traduit pas une fusion entre les deux mouvements. Leurs objectifs politiques demeurent distincts : le FLA revendique principalement une autonomie accrue pour les populations du nord du Mali, tandis que le JNIM inscrit son projet dans une idéologie jihadiste transnationale. Leur rapprochement apparaît donc comme une entente tactique visant à affaiblir un adversaire commun, avec un possible retour des divergences internes à moyen terme.

Le retrait progressif des forces françaises, puis la fin de la mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali en 2023, ont également contribué à transformer l’environnement sécuritaire. Le départ de ces acteurs internationaux a laissé un espace stratégique que les différents protagonistes cherchent désormais à occuper.

Pour Bamako, cette nouvelle configuration constitue l’un des tests les plus importants depuis les coups d’État militaires de 2020 et 2021. Si la coopération entre le FLA et le JNIM venait à se consolider, elle pourrait modifier durablement le rapport de force dans le conflit malien et compliquer davantage les efforts de stabilisation du pays.

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