
Le Mali a officiellement apporté son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental, selon une déclaration du ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique diplomatique croissante en faveur de Rabat sur le continent africain. Elle intervient dans un contexte marqué par près de cinq décennies de conflit opposant le Maroc au Front Polisario, soutenu par l’Algérie.
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a annoncé vendredi que Bamako soutenait le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, devenant ainsi le dernier pays africain à se rallier à cette initiative diplomatique. Cette déclaration renforce la position de Rabat dans un dossier géopolitique majeur qui perdure depuis environ 50 ans.
Proposé initialement en 2007, le plan marocain prévoit l’établissement d’une autonomie élargie pour le territoire, avec des institutions locales, législatives, exécutives et judiciaires, élues par les populations sahraouies. Toutefois, le Maroc conserverait des compétences régaliennes, notamment en matière de défense, de diplomatie et de religion.
Face à cette proposition, le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, continue de revendiquer l’organisation d’un référendum d’autodétermination incluant l’option de l’indépendance. Cette divergence constitue le cœur du blocage politique qui empêche, depuis des décennies, une résolution définitive du conflit.
Le ralliement du Mali s’inscrit dans une tendance plus large de soutien international croissant au plan marocain. Ces dernières années, plusieurs États africains et puissances internationales ont qualifié cette initiative de base « crédible » et « réaliste » pour parvenir à une solution politique durable. En 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies a d’ailleurs renforcé cette dynamique en considérant l’autonomie comme l’une des options les plus viables pour régler le différend.
Sur le plan régional, cette position malienne peut également être analysée à l’aune des recompositions géopolitiques au Sahel. Le Mali, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a récemment intensifié ses relations avec le Maroc, notamment autour de projets économiques et d’accès aux infrastructures portuaires atlantiques. Cette convergence stratégique pourrait expliquer, en partie, l’alignement diplomatique de Bamako sur les positions de Rabat.
Par ailleurs, cette prise de position risque d’accentuer les tensions avec l’Algérie, acteur central du dossier sahraoui et soutien historique du Polisario. Le Sahara occidental demeure ainsi un point de friction majeur dans les relations régionales, cristallisant des rivalités politiques et stratégiques entre États du Maghreb et du Sahel.
En soutenant le plan d’autonomie marocain, le Mali contribue à renforcer la dynamique diplomatique favorable à Rabat sur la scène africaine et internationale. Toutefois, en l’absence de consensus entre les parties prenantes, notamment avec le Polisario et l’Algérie, le règlement définitif du conflit du Sahara occidental reste incertain, malgré les évolutions récentes du rapport de forces diplomatique.










