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Madagascar : l’opposition engage une procédure de destitution contre le chef de la transition militaire

photo d'illustration

La crise politique malgache connaît un nouveau développement avec la saisine de la Haute Cour constitutionnelle par un député de l’opposition. Antoine Rajerison accuse le colonel Michael Randrianirina, dirigeant de la transition depuis octobre 2025, de violations répétées de la Constitution. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions sociales persistantes, marqué par des manifestations de jeunes et des critiques croissantes d’organisations de défense des droits humains.

À Madagascar, les tensions politiques continuent de s’intensifier plusieurs mois après le changement de pouvoir intervenu à la suite du départ d’Andry Rajoelina. Un député de l’opposition, Antoine Rajerison, a officiellement saisi la Haute Cour constitutionnelle afin de demander la destitution du colonel Michael Randrianirina, actuellement à la tête du pays.

Dans sa requête, le parlementaire accuse les autorités de transition de multiples entorses à la Constitution. Parmi les griefs avancés figurent des nominations administratives jugées irrégulières, des arrestations qualifiées d’arbitraires ainsi qu’une incapacité du pouvoir à restaurer un climat politique apaisé. Cette démarche constitue l’une des contestations institutionnelles les plus importantes depuis l’arrivée des militaires au pouvoir.

Le colonel Randrianirina dirige Madagascar depuis octobre 2025, après une vague de manifestations ayant provoqué le départ de l’ancien président Rajoelina. À l’époque, les protestations avaient été alimentées par la dégradation des conditions de vie, notamment les pénuries récurrentes d’eau potable et les coupures d’électricité dans plusieurs grandes villes du pays, y compris la capitale Antananarivo.

Selon plusieurs observateurs politiques, les attentes suscitées par la transition restent largement insatisfaites. Les autorités militaires avaient promis des réformes rapides dans les secteurs de l’énergie, de la gouvernance publique et de la lutte contre la corruption. Toutefois, près de sept mois après leur arrivée au pouvoir, les difficultés économiques et sociales persistent.

Ces dernières semaines, de nouvelles mobilisations ont été organisées par des groupes de jeunes et des organisations citoyennes. Les manifestants dénoncent principalement la lenteur des réformes annoncées et l’absence d’amélioration concrète des conditions de vie. Madagascar, qui compte environ 30 millions d’habitants, demeure confronté à d’importants défis socio-économiques. Selon des données de la Banque mondiale, plus de 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Parallèlement, plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes face à la gestion sécuritaire des manifestations. Elles dénoncent des interpellations liées à des accusations d’atteinte à la sûreté de l’État ainsi qu’un usage excessif de la force contre certains rassemblements.

Pour l’heure, les autorités de transition n’ont pas officiellement réagi à la demande de destitution introduite devant la Haute Cour constitutionnelle. L’issue de cette procédure pourrait toutefois avoir des conséquences importantes sur la stabilité politique du pays, alors que Madagascar tente encore de sortir d’une période de forte turbulence institutionnelle.

La saisine de la Haute Cour constitutionnelle marque une nouvelle étape dans la crise politique malgache. Entre contestation institutionnelle, tensions sociales persistantes et critiques sur le respect des libertés publiques, le pouvoir de transition fait désormais face à une pression croissante. Les prochaines décisions des institutions judiciaires et politiques seront déterminantes pour l’évolution de la situation dans le pays.

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