
La transition politique engagée à Madagascar après la chute du président Andry Rajoelina entre dans une nouvelle phase. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a dévoilé le calendrier des prochains scrutins, avec l’organisation d’un référendum constitutionnel en juin 2027, suivi d’une élection présidentielle prévue en octobre de la même année. Cette feuille de route intervient dans un contexte de recomposition institutionnelle et de reconstruction de l’appareil électoral du pays.
Selon les annonces faites par la Céni, le référendum constitutionnel constituera la première grande consultation populaire depuis les événements d’octobre dernier ayant conduit au renversement du pouvoir en place. L’élection présidentielle devrait ensuite marquer l’aboutissement de la transition de 24 mois mise en œuvre sous l’autorité du colonel Michael Randrianirina, actuellement à la tête du gouvernement de la Refondation.
La transition avait été instaurée après une mutinerie au sein de l’armée, soutenue par un mouvement de contestation porté principalement par la jeunesse urbaine regroupée autour du mouvement GenZ. Cette mobilisation avait entraîné la chute du président Andry Rajoelina, ouvrant une période d’incertitude politique dans la Grande Île. Les nouvelles autorités avaient alors obtenu l’appui d’une partie de la communauté internationale pour conduire un processus de réorganisation institutionnelle devant déboucher sur un retour à l’ordre constitutionnel.
Dans ce contexte, la Céni affirme vouloir consacrer les onze prochains mois à la reconstruction intégrale du fichier électoral. Les responsables de l’institution électorale expliquent que les anciennes bases de données ont été supprimées afin de repartir sur un système jugé plus fiable et mieux sécurisé. Ce chantier apparaît comme l’un des principaux défis de la transition, dans un pays de près de 30 millions d’habitants où les questions d’identification des électeurs et de transparence électorale ont régulièrement suscité des controverses lors des précédents scrutins.
Le renouvellement récent du bureau permanent de la Commission électorale nationale indépendante intervient également dans cette dynamique de réorganisation. Les nouvelles équipes auront pour mission de restaurer la confiance entre les institutions et les acteurs politiques, tout en préparant les opérations techniques liées à l’enrôlement des électeurs, à la révision des listes et à l’organisation logistique des consultations prévues en 2027.
Au-delà du calendrier électoral, plusieurs observateurs estiment que les autorités de transition devront aussi répondre aux attentes sociales exprimées lors des manifestations ayant précédé le changement de pouvoir. Le chômage des jeunes, le coût de la vie et les difficultés économiques figurent parmi les principales préoccupations dans ce pays classé parmi les économies les plus fragiles du continent africain.
Avec l’annonce de ces échéances électorales, Madagascar amorce ainsi une étape décisive de sa transition politique. La crédibilité du processus dépendra désormais de la capacité des institutions à garantir des consultations transparentes, inclusives et acceptées par l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.












