
Une délégation européenne de haut niveau a été priée de quitter le territoire libyen après ce que les autorités locales ont qualifié de « non-respect des procédures diplomatiques et des usages souverains ».
Selon un communiqué diffusé mardi par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Osama Hammad, les membres de la délégation, composée de représentants de l’Union européenne et de diplomates de plusieurs États membres, n’auraient pas « obtenu les autorisations nécessaires pour mener leurs activités » dans la ville de Benghazi. La décision a été prise « dans le respect des lois nationales et des conventions internationales », précise le communiqué.
La mission européenne s’y était rendue dans le cadre d’une visite de travail visant à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité, de la gestion migratoire et du développement économique. Toutefois, des divergences sont apparues dès leur arrivée, notamment sur la nature de certaines rencontres organisées avec des acteurs non reconnus par les autorités.
Un responsable du gouvernement, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que la présence de la délégation avait été perçue comme une « ingérence inappropriée » dans des affaires internes sensibles, notamment en lien avec les discussions en cours sur la tenue d’élections nationales.
De son côté, la délégation européenne a regretté la tournure des événements. Dans une déclaration brève, un porte-parole a affirmé que les membres de la mission avaient agi « en conformité avec les pratiques et usages diplomatiques habituelles » et réaffirmé « l’engagement de l’Union européenne à soutenir la stabilité et la souveraineté de la Libye ».
Cet incident survient dans un contexte politique tendu, alors que le pays reste divisé entre deux autorités rivales, l’une basée à Tripoli et l’autre à Benghazi, chacune revendiquant la légitimité du pouvoir. La situation complique les efforts de médiation internationale et fragilise les initiatives diplomatiques en cours.
Aucune date n’a été annoncée pour un éventuel retour de la mission et l’Union européenne n’a pas encore indiqué si cet incident aurait un impact sur ses relations futures avec Tripoli ou Benghazi.









