
Le gouvernement kényan a annoncé jeudi le lancement d’un ambitieux programme de protection sociale soutenu par la Banque mondiale, destiné à renforcer la résilience des ménages les plus vulnérables. Cette initiative devrait bénéficier à environ 12 millions de citoyens à travers le pays, marquant une étape majeure dans les efforts visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Le projet, officiellement intitulé « Programme de transformation de la protection sociale au Kenya« , vise à élargir la portée des filets sociaux existants, en les rendant plus accessibles et efficaces pour les personnes en situation de précarité. Il s’inscrit dans la stratégie nationale de développement durable du pays et s’aligne sur les objectifs globaux de la Banque mondiale en matière d’inclusion sociale.
Selon les autorités kényanes, les bénéficiaires seront identifiés à l’aide d’un registre national unifié, basé sur des critères de vulnérabilité, de revenus sociaux et de localisation géographique. Parmi eux, figurent les personnes âgées sans soutien, les ménages dirigés par des femmes, les familles vivant dans les régions arides et semi-arides, ainsi que les enfants en situation de handicap.
La Banque mondiale a alloué une enveloppe de 390 millions de dollars pour appuyer ce projet, qui sera mis en œuvre sur une période de cinq ans. En plus de l’appui financier, l’institution apporte une expertise technique pour améliorer les systèmes de ciblage, de paiement électronique et de suivi-évaluation du programme.
« Ce programme représente un tournant dans notre approche de la protection sociale. Il ne s’agit plus seulement de réagir aux crises, mais de bâtir un système permanent et prévisible pour soutenir nos citoyens les plus démunis », a déclaré Dr. Alfred Ng’Ang’a Mutua, ministre kényane du Travail et de la Protection sociale.
L’un des volets innovants de ce programme porte sur l’intégration numérique des bénéficiaires, notamment à travers des plateformes mobiles qui permettront de recevoir les transferts monétaires de manière sécurisée et régulière. Cette démarche entend réduire les coûts de transaction et améliorer la transparence du système.
Du côté de la Banque mondiale, l’initiative est perçue comme un modèle pour d’autres pays de la région. « Le Kenya démontre qu’il est possible de concevoir des systèmes sociaux solides même dans des environnements fiscaux contraints. Cette approche inclusive peut inspirer d’autres États africains », a souligné Keith Hansen, directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Est.
En dépit de l’enthousiasme suscité, certains observateurs appellent à la vigilance sur la mise en œuvre effective du projet. Des ONG locales ont rappelé l’importance d’assurer la transparence dans le processus de sélection des bénéficiaires et de renforcer les mécanismes de plainte pour éviter les discriminations ou exclusions injustifiées.
Le programme devrait débuter ses premières phases opérationnelles dès septembre 2025, avec une phase pilote dans plusieurs comtés avant une extension progressive à l’échelle nationale.
Ce projet illustre la volonté du Kenya de consolider son filet de sécurité sociale à long terme, tout en s’appuyant sur des partenariats internationaux pour en assurer la viabilité et l’impact.












