
Le gouvernement ghanéen a annoncé lundi une hausse significative du prix bord champ du cacao pour la campagne 2025/2026, fixant le nouveau tarif à environ 5 040 dollars par tonne, soit une augmentation de 63 % par rapport à la campagne précédente. Cette décision, rendue publique le 4 août par le ministre des finances via un communiqué, vise à mieux rémunérer les producteurs locaux face à la flambée des prix mondiaux du cacao.
Selon ledit communiqué, le ministre a souligné que cette hausse constitue une réponse directe à l’augmentation continue du prix du cacao sur les marchés internationaux, mais également à la nécessité de garantir une vie décente aux agriculteurs, dont les revenus restent souvent précaires. « Le cacao est la colonne vertébrale de notre économie rurale. Il est juste que ceux qui le produisent puissent en tirer une part équitable », a déclaré un haut responsable du ministère.
Le prix bord champ, c’est-à-dire le prix auquel le cacao est acheté directement aux producteurs dans les zones rurales, est un indicateur clé pour des centaines de milliers de petits exploitants au Ghana. Deuxième producteur mondial derrière la Côte d’Ivoire, le pays tire une part importante de ses recettes d’exportation de cette culture stratégique.
Le Ghana Cocoa Board, organe en charge de la régulation de la filière, a salué cette sage décision du gouvernement, estimant qu’elle contribuera à renforcer la motivation des producteurs tout en luttant contre la contrebande vers les pays voisins, où les prix sont parfois plus attractifs. Le directeur général du Ghana Cocoa Board, Dr Ransford Abbey, a déclaré que le gouvernement continuera d’investir dans la modernisation de la filière, notamment par la distribution de plants améliorés et la lutte contre les maladies des cacaoyers.
Cette revalorisation intervient dans un contexte de forte volatilité du marché mondial du cacao, exacerbée par les perturbations climatiques, les tensions géopolitiques et une demande croissante en provenance de l’industrie chocolatière. Les experts estiment que cette hausse pourrait avoir des répercussions sur les prix à la consommation au niveau international, mais pourrait aussi encourager d’autres pays producteurs à revoir leur politique d’achat aux planteurs.
Dans les zones rurales ghanéennes, la nouvelle a été accueillie avec satisfaction. « Cela faisait longtemps que nous attendions une hausse significative. Avec ce nouveau prix, nous pourrons mieux subvenir aux besoins de nos familles », a confié Kwame Owusu, cultivateur dans la région de Brong-Ahafo.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé qu’il poursuivrait ses efforts pour améliorer les infrastructures rurales et l’accès aux services financiers pour les planteurs. Un soutien jugé essentiel pour pérenniser la filière cacao, qui reste l’un des piliers de l’économie nationale.









