
L’Éthiopie est entrée dans une phase décisive de son processus électoral avec le lancement du dépouillement des bulletins de vote à l’issue des élections législatives organisées lundi. Ce scrutin, marqué par une prolongation inattendue des horaires de vote et des incidents signalés dans certaines régions sensibles, devrait déterminer la composition de la Chambre des représentants. Le Premier ministre sortant, Abiy Ahmed, apparaît comme le principal favori dans une consultation où la participation des électeurs constitue l’un des principaux indicateurs observés.
Avec plus de 50 millions d’électeurs appelés aux urnes, l’Éthiopie a organisé l’un des plus importants scrutins du continent africain. Les citoyens devaient élire les 500 membres de la Chambre des représentants, institution chargée de désigner par la suite le chef du gouvernement pour le prochain mandat.
À la surprise générale, les autorités électorales ont décidé de prolonger le vote de six heures supplémentaires. Initialement prévu pour s’achever en début de soirée, le scrutin s’est poursuivi jusqu’à minuit dans plusieurs localités. Cette mesure visait notamment à permettre à un plus grand nombre d’électeurs d’exercer leur droit de vote et à limiter les perturbations observées dans certains centres électoraux.
Au cœur de cette consultation figure le Premier ministre sortant Abiy Ahmed, arrivé au pouvoir en 2018. Son parti, le Parti de la prospérité, aborde ces élections dans une position jugée favorable par de nombreux observateurs. Depuis sa création, cette formation politique s’est imposée comme l’une des principales forces du paysage politique éthiopien, bénéficiant d’un vaste ancrage territorial.
Face à elle, les formations d’opposition peinent à présenter un front uni. Les divergences stratégiques et les rivalités internes ont affaibli leur capacité à constituer une alternative crédible à l’échelle nationale. Cette fragmentation réduit leurs perspectives électorales dans plusieurs circonscriptions clés.
Le déroulement du scrutin n’a toutefois pas été exempt de difficultés. Le président de la Commission électorale a reconnu la survenue d’incidents dans les régions d’Oromia et d’Amhara, deux zones régulièrement confrontées à des tensions sécuritaires. Ces événements ont ravivé les préoccupations concernant la stabilité de certaines parties du pays et la capacité des autorités à garantir un environnement électoral totalement apaisé.
Dans ce contexte, le taux de participation apparaît comme l’un des principaux enjeux de cette élection. Les analystes considèrent qu’une forte mobilisation électorale renforcerait la légitimité des institutions issues des urnes et offrirait un indicateur précieux de la confiance des citoyens dans le processus démocratique.
Alors que le dépouillement se poursuit à travers le pays, l’attention reste tournée vers les résultats officiels qui détermineront l’équilibre politique de la prochaine législature. Sauf surprise majeure, le Parti de la prospérité semble bien placé pour conserver une position dominante au Parlement, ouvrant potentiellement la voie à un nouveau mandat pour Abiy Ahmed à la tête du gouvernement éthiopien.












