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Éthiopie : au Tigré, le TPLF restaure un Parlement contesté et ravive les tensions avec Addis-Abeba

photo d'illustration

Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a annoncé, dimanche, le rétablissement du Parlement régional du Tigré, une institution jugée illégitime par le gouvernement fédéral éthiopien. Cette décision marque une nouvelle étape dans la confrontation politique entre Mekele et Addis-Abeba. Elle intervient dans un contexte déjà fragile, alimentant les craintes d’une reprise des hostilités dans le nord du pays.

Le TPLF, formation politique historique du nord de l’Éthiopie, a officiellement réactivé le Parlement régional du Tigré, défiant ouvertement l’autorité du gouvernement fédéral dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed. Cette initiative est perçue par Addis-Abeba comme une remise en cause directe de l’ordre constitutionnel, alors que les relations entre les deux camps restent profondément dégradées depuis la fin de la guerre du Tigré (2020-2022).

Cette annonce intervient dans un climat de tensions persistantes. En janvier 2026, des affrontements sporadiques ont opposé les forces fédérales et les forces tigréennes dans certaines zones contestées, faisant au moins un mort et ravivant les inquiétudes quant à une possible reprise du conflit armé .

Malgré la signature de l’accord de Pretoria en novembre 2022, censé mettre fin à deux années de guerre ayant causé des centaines de milliers de morts selon des estimations internationales, plusieurs dispositions clés restent incomplètement appliquées, notamment le désarmement des forces et le règlement des différends territoriaux.

Sur le plan politique, la situation s’est encore complexifiée en 2025 lorsque la Commission électorale nationale éthiopienne a révoqué le statut légal du TPLF, l’accusant de ne pas s’être conformé aux exigences administratives . Cette décision a contribué à marginaliser davantage le parti au niveau fédéral, tout en renforçant son ancrage régional et son discours de contestation.

En toile de fond, le Tigré reste marqué par une crise humanitaire majeure. Officiellement, plus de 700 000 personnes déplacées internes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers, notamment dans les zones occidentales disputées . À cela s’ajoutent des divisions internes au TPLF lui-même, opposant différentes factions sur la stratégie à adopter face au pouvoir central, ce qui fragilise davantage la gouvernance régionale.

La restauration du Parlement régional apparaît ainsi comme un geste hautement symbolique. Elle vise à affirmer la souveraineté politique du Tigré, mais risque également d’aggraver les tensions institutionnelles avec Addis-Abeba. Plusieurs observateurs redoutent que cette initiative ne compromette les efforts de stabilisation engagés depuis 2022 et ne ravive les lignes de fracture au sein de la fédération éthiopienne.

En rétablissant un Parlement contesté, le TPLF franchit une nouvelle étape dans son bras de fer avec le gouvernement fédéral. Dans un contexte où les mécanismes de paix restent fragiles et les tensions militaires latentes, cette décision pourrait constituer un tournant critique. L’évolution de la situation dépendra désormais de la capacité des deux parties à privilégier le dialogue politique sur la confrontation, dans un pays où la stabilité demeure précaire.


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