
Le président chinois Xi Jinping doit effectuer une visite d’État en Égypte à l’issue de son déplacement au Kirghizstan, du 30 août au 3 septembre 2026. Annoncée par les autorités chinoises et égyptiennes, cette séquence intervient alors que les deux pays célèbrent 70 ans de relations diplomatiques. Elle devrait notamment remettre au premier plan les échanges commerciaux, les investissements, les infrastructures et plusieurs dossiers régionaux.
La visite de Xi Jinping constituera son premier déplacement d’État en Égypte depuis janvier 2016. Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé que le président chinois participera d’abord au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek, avant de poursuivre son déplacement en Égypte à l’invitation du président Abdel Fattah al-Sissi. Les autorités n’ont toutefois pas encore détaillé publiquement le programme précis de l’étape égyptienne.
Cette rencontre intervient dans le contexte d’un rapprochement institutionnel engagé depuis plusieurs années. Pékin et Le Caire ont élevé leurs relations au rang de partenariat stratégique global en 2014. En mai 2024, les deux présidents se sont rencontrés à Pékin dans le cadre du Forum sur la coopération sino-arabe, avec l’adoption d’un plan d’action couvrant notamment le commerce, l’investissement, les technologies, le changement climatique et la sécurité. En juillet 2025, le Premier ministre chinois Li Qiang s’était également rendu au Caire, où plusieurs accords avaient été conclus dans les domaines de la finance, du commerce électronique, de la santé et du développement bas carbone.
Les échanges commerciaux constituent l’un des principaux enjeux de cette relation. Selon les données citées par The National, le commerce bilatéral aurait atteint environ 20,8 milliards de dollars en 2025, contre 17,4 milliards en 2024 selon les statistiques égyptiennes. La structure de ces échanges demeure cependant fortement déséquilibrée : les exportations chinoises vers l’Égypte auraient atteint 19,9 milliards de dollars en 2025, contre environ 819 millions de dollars d’exportations égyptiennes vers la Chine.
L’investissement constitue ainsi un autre dossier majeur. Le gouvernement égyptien affirme que quelque 2 800 entreprises chinoises sont présentes dans le pays, pour des investissements dépassant 8 milliards de dollars. La zone industrielle TEDA, implantée dans la zone économique du canal de Suez, concentre notamment une partie de cette présence : plus de 200 entreprises chinoises y seraient installées, avec des investissements supérieurs à 3 milliards de dollars et plus de 70 000 emplois annoncés par les autorités égyptiennes.
Pour Le Caire, l’enjeu consiste également à attirer davantage de production industrielle chinoise et à améliorer l’accès de ses exportations au marché chinois. Les secteurs évoqués par les autorités comprennent notamment les véhicules électriques, les composants solaires, la désalinisation, la logistique et les technologies à valeur ajoutée. La coopération autour du canal de Suez renforce, par ailleurs, l’intérêt de l’Égypte comme plateforme industrielle et logistique.
La visite de Xi Jinping intervient donc à un moment où les relations sino-égyptiennes disposent déjà d’une importante base institutionnelle et économique. Les données commerciales montrent toutefois un déséquilibre persistant que Le Caire cherche à réduire par l’investissement et la production locale. Les discussions entre Xi Jinping et Abdel Fattah al-Sissi permettront de mesurer les priorités concrètes que les deux pays souhaitent donner à leur partenariat pour les prochaines années.












